Une végétation inexistante, une interface plus envahissante que le Premier Empire, une palette terne où l'ocre le dispute au grisâtre : oui, Atom RPG est bien un jeu russe. Et encore, on ne parle là que des captures d'écran officielles. Quand on le lance, d'autres signes trahissent son origine. Par exemple un amour réel pour les jeux de rôle à l'ancienne, Fallout en tête (les joueurs russes sont tellement fascinés par les jeux de rôle post-apocalyptique qu'il y aurait là un excellent documentaire à réaliser). Dans Atom RPG, on commence donc par créer un personnage via un système qui n'est PAS DU TOUT le système SPECIAL de Fallout, la preuve c'est le système SAEPIAL, co-inventé par un dictionnaire des synonymes qui a renommé « perception » en « attention » et « charisme » en « personnalité ». Beau parleur qui tatane les adversaires à mains nues quand le verbe ne suffit plus, bricoleur du dimanche spécialisé dans le tir de précision, voleur qui jette des couteaux dans les trous de nez des ennemis : bien que très classiques, les possibilités de perso sont nombreuses. Pourtant, je le confesse, parce que ce n'était pas mon premier jeu russe, j'ai craint qu'Atom RPG ne me fasse une Krai Mira et devienne atroce sitôt la création de personnage terminée. Mais non : combats au tour par tour impeccables, monde post-nucléaire vaste et désolé, rencontres aléatoires où l'on se fait déchiqueter d'entrée de jeu… Tous les signes du grand jeu de rôle étaient réunis. J'ai tout de même plissé les yeux très fort tout au long de l'aventure, histoire de repérer d'éventuelles anguilles soviétiques sous roches.