Dans le Mexico des années 1920, quatre amis (un poète publicitaire, un journaliste de faits divers, un avocat, un ouvrier chinois anarchiste) jouent aux dominos dans un bar et se racontent leurs aventures pleines d'intrigues, de meurtres, de romance. Bientôt, comme souvent dans les polars de Paco Ignacio Taibo II (en plus de Nous revenons comme des ombres, où l'on retrouve les quatre amis vingt ans plus tard, la lecture d'À quatre mains est vivement conseillée, tout comme celle de Cosa Facil, où le détective mexicain, quoique basquo-irlandais, Hector Belascoaràn Shayne mène de front trois enquêtes parallèles), les histoires se mélangent, les complots fusionnent pour devenir une plus grosse conspiration, dirigée avec les fonds illimités des forces corrompues de l'État... Ombre de l'ombre part dans tous les sens, on passe du spleen à l'humour à des explosions de violence en quelques paragraphes, avec le sentiment qu'absolument n'importe quoi peut arriver, et c'est ce qui rend sa lecture, et celle des autres livres de Taibo II, aussi agréable.