C’est tout de même quelque chose le pouvoir évocateur d’un titre : malgré son utilité première d’outil de jardin, quand on voit « La Serpe » en couverture, on se doute bien qu’on n’est pas devant une suite de Tistou les pouces verts. La serpe, c’est l’outil avec lequel Georges Arnaud (l’auteur du Salaire de la peur, dont sont inspirés le film de Clouzot et son remake américain, le superbe Sorcerer de Friedkin) est accusé d’avoir massacré sa famille dans un manoir en 1941. Soixante-quinze ans plus tard, on accompagne Philippe Jaenada, qui se transforme en une sorte de Poirot des cold cases et refait l’enquête avec imagination, précision et surtout bonhomie. Car La Serpe, tout sanglant et tragique qu’il soit, est surtout drôle et sincère. Si on s’enquille les 600 pages du livre en quelques heures, ce n’est pas tant pour savoir si Arnaud est coupable ou non, mais parce qu’entre deux détails techniques sur le crime, on peut aussi suivre les aventures de Jaenada en apprenti détective.