Il fait beau, c’est le printemps, les oiseaux chantent ! Le moment idéal pour regarder un film de Todd Solondz. Enfant bâtard de Woody Allen, Louis C.K. et Peter Zapffe, Solondz a connu le succès dans les années 1990 avec Bienvenue dans l’âge ingrat (Welcome to the Dollhouse) et Happiness, où l’on trouvait déjà un portrait au vitriol de la classe moyenne américaine et une galerie de pédophiles, de violeurs, d’assassins désespérés et affamés d’amour. Au fil des années, Solondz a revisité les mêmes thèmes, créant une œuvre aussi drôle et sombre qu’unique. Dans Palindromes, sans doute son film le plus ambitieux, la protagoniste est jouée par huit actrices d’âge et d’apparence différents, sans lien avec ceux du personnage, privant le spectateur de la stabilité nécessaire pour porter un jugement moral sur ce qu’il croit voir. Là où les artistes engagés nous assènent leur vérité, Solondz, le désespéré, nous demande : « C’est horrible, mais après tout, est-ce que c’est mal ? »