« Allô mon amour, je suis dans votre cour, donne-moi le code du bâtiment mon amour. » Par ces mots s’ouvre le titre de Myth Syzer, « Le Code », en collaboration avec Ichon, Bonnie Banane et Muddy Monk. J’avoue avoir eu besoin d’une bonne demi-douzaine d’écoutes fascinées pour décider s’il s’agissait d’une vraie chanson ou d’une parodie. Passé le choc initial, j’ai plongé la tête la première dans un clip et des paroles dont la profondeur atteint les abysses pour ensuite remonter jusqu’au ciel et creuser à nouveau vers les antipodes. Le décalage complet entre la trivialité de l’histoire racontée (un type veut rendre visite à sa copine mais il n’a pas le digicode), la photo du clip (éclairages soignés, plans composés avec soin sur un mec qui pleure en préparant un sandwich, une éponge ou le vent dans les poils d’un magnifique lévrier afghan) et certaines paroles (« Laisse-moi rêver que tu meurs afin que personne d’autre ne tombe sous tes charmes ») en font un objet vidéo-musical unique, une œuvre hermétique aux sens multiples, et ma chanson préférée de 2018.