À l’E3, il y a deux types de présentations. Celles où des producers en chemise repassée vous détaillent la dernière extension de leur jeu pendant 20 minutes dans un laïus désincarné, alors qu’on aurait pu plier l’affaire avec un communiqué. Et puis celles où un jeune développeur débraillé s’empresse de vous apporter un jeton pour boire une bière, puis s’embourbe dans sa présentation en tentant de vous expliquer qu’il ne prend pas de drogue. Celle de Black Future 88 tombe dans la seconde catégorie. Son développeur et compositeur, Don Bellenger, le présentait sur le stand du label Good Shepherd, à l’extérieur du Convention Center. Black Future est donc un run and gun 2D à la structure rogue-likesque, où chaque partie dure 18 minutes maximum. Avant la fin du décompte, vous devrez avoir atteint le sommet d’une tour lourdement gardée pour détruire l’IA qui a génocidé l’humanité. Si le jeu propose des features aussi convenues que nécessaires (la coop’, les persos aux profils variés, les perks customisables), il brille par ses idées originales. La tour évolue en même temps que le joueur et améliore ses capacités en récupérant ce qu’il a laissé derrière lui, volontairement ou non. L’argent ou même la santé (qui s’amenuise au fil du temps) peuvent être utilisés comme munitions. Enfin, des drogues permettent d’enflammer la jauge de vie, que les ennemis se mettent à attaquer jusqu’à ce qu’elle leur explose au visage. Oui, c’est n’importe quoi, et génial. Ça tombe bien, malgré son look déjà vu, Black Future 88 semble avoir des dizaines d’idées neuves comme celles-là.