Anthem semble avoir été créé selon un cahier des charges. On l’a senti assez vite devant la présentation d’une vingtaine de minutes que Bioware avait concoctée pour l’EA Play. Le jeu donne en effet l’impression d’avoir été pensé pour occuper un créneau sur lequel l’éditeur américain n’avait pas encore de champion : le TPS coopératif en monde ouvert, option science-fiction et exo-armures. On pense inévitablement à Destiny et à The Division et, si on comprend qu’EA veuille sa part de ce gros gâteau bien juteux, on se demande pourquoi avoir confié la pelle à tarte à Bioware. Même si les créateurs de Mass Effect veulent nous convaincre que « si, c’est dans le prolongement de leurs précédentes œuvres, simplement ils ont remplacé les alliés IA par de vrais joueurs humains », on est en effet assez loin de la fibre RPG du studio canadien. On a déjà vu meilleur raccrochage de wagons, bien que Anthem bénéficie tout de même d’un certain travail scénaristique. Le jeu se déroule dans un monde sauvage et inachevé. Les dieux locaux, les Shapers, se sont arrêtés en plein milieu de la genèse de cette planète anonyme – ce n’est pas la Terre, c’est tout ce qu’on sait – et se sont barrés en laissant leurs outils étalés un peu partout, comme le premier mortel bordélique venu. Le problème, c’est que leurs bidules foutent le bronx et dérèglent la planète, mettant ainsi en danger les quelques tribus humaines locales. C’est pourquoi ces dernières ont mis au point, avec les technologies trouvées ça et là, des exosquelettes flambant neufs pour permettre à une poignée de valeureux guerriers de les défendre.