À la Gamescom, je ne manque jamais d’intimider les développeurs en leur racontant ma vie sexuelle dans les moindres détails. En général, ils baissent la tête bien avant l’épisode du serpent empaillé sorti du congélo, c’est vous dire si c’est drôle. Et puis je ne sais pas, être enfermé comme ça pendant une demi-heure avec un type qu’on ne reverra jamais, ça crée une atmosphère très particulière. C'est d'ailleurs le grand sujet de préoccupation de MonkeyMoon et BlackMuffin. Leur jeu Night Call nous place dans la peau d’un chauffeur de taxi qui mène l’enquête sur un mystérieux serial killer parisien et tente de cuisiner ses clients sans en avoir l’air, en comptant sur leur capacité à se confier à un banal prolétaire anonyme. De ce que j’en ai vu, les dialogues à choix multiples lors des trajets sont à la hauteur de cette promesse. Heureusement, d’ailleurs, parce que la conduite est automatisée et qu’on joue donc à Night Call surtout pour ces conversations. Surtout, mais pas uniquement : sans devenir un simulateur de taxi, le jeu demande de gérer soigneusement la rentabilité des journées, sans quoi on se retrouve vite sans bagnole et donc sans moyen de mener l’enquête. Faire trop de détours vers des lieux visités par le tueur, arriver en retard trop de fois au boulot parce qu’on a travaillé trop tard la veille, se déplacer trop souvent à vide coûtera un blé précieux qui mènera vite au game over. Pas de panique, le jeu est tout de même très réaliste puisqu’on pourra aussi plumer les touristes jusqu’à l’os en leur faisant emprunter des trajets tarabiscotés.