Le pixel art, c’est comme un sécateur électrique à six lames : quand c’est made in China, il faut se méfier. Tales of the Neon Sea, lui, échappe complètement à cette règle (qui date pourtant des temps immémoriaux d’il y a vingt secondes). Difficile de qualifier de contrefaçon malhabile cet hommage aux vieux jeux LucasArts, où un détective privé caricatural évolue dans une ville asiatique cyberpunk. Des kilomètres de câbles serpentent entre les immeubles, des néons criards illuminent les façades crasseuses sous les immeubles high-tech aux publicités holographiques, bref, on s’y croit tout de suite. Le jeu en lui-même ne bouleverse aucun code du point and click – la première énigme consistait à trouver une épée de chevalier qui servait en fait de repose-serviette dans un appartement, la routine donc – mais évoluer dans des décors aussi soignés rattrape pleinement ce léger manque de prise de risque. Sans compter que la courte aventure, pliée en six petites heures, recèle ses moments d’originalité. J’ai ainsi pu incarner le chat du détective qui devait passer par les toits pour accomplir une mission donnée par la mafia des chats, chose que je ne peux pas dire après les démos de tous les jeux. Dommage, parce que n'importe quelle œuvre gagnerait à mettre en scène une mafia des chats.