Edward Pierce n'a pas de bol : déjà, il est détective privé pendant la prohibition, alors qu'enquiller des verres de whisky d'un air déprimé reste le principal intérêt de la profession. Surtout, il est mandaté pour enquêter sur une sombre affaire d'incendie criminel au sein d'une famille de bourges tournés zinzins. Ni une ni deux, le voilà parti pour l'île de Darkwater, étron de roches dans le brouillard de l'Atlantique où seuls quelques vieux baleiniers consanguins se disputent le privilège de patauger dans la boue. Non, sans rire, je vous lis mes notes prises pendant les deux heures où j'ai pu avancer dans le jeu à ma guise : « Marins crasseux. Cadavres de baleines pourris. Sang séché. Taudis (adjectif illisible, car j'écris comme un médecin sous LSD). » Une certitude se cimentera ainsi tout au long de ma partie : Cyanide a vraiment pigé comment retranscrire l'ambiance des petites villes glauques chères à Lovecraft, celles qu'on découvre en frissonnant dans ses bouquins ou qu'on traverse les dents serrées dans le JdR sur table Call of Cthulhu de Chaosium. Ça tombe d'ailleurs rudement bien, puisque ce jeu vidéo en est l'adaptation.