Hep, taxi ! Ce serait pour un petit voyage au pays des harmonies vocales, au royaume des voix qui ne s’imposent pas seules. For Ever est un album entier de trucs doux qui rentrent par l’oreille et coulent lentement vers le bas jusqu’à finir par agiter inexorablement les pieds. Autant vous le dire, les deux Anglais de Jungle ne donnent pas dans l’exploit vocal, plutôt dans la chorale Bee Gees, soft et aérienne. For Ever est leur deuxième album, qui touille refrains masculins à deux voix, chœurs féminins, soul, basse groovy façon disco et pop électro, bref, un mélange qui pourrait tourner à la soupe tiédasse mais agit comme un antidote à la morosité. Les compositions de Jungle s’adaptent remarquablement bien à votre humeur : si vous êtes mélancolique, leur douceur flattera d’abord votre spleen tout en laissant agir subrepticement le rythme pour vous faire osciller la tête ; si vous avez au contraire une crispante envie de vous agiter, le slow groove vous ramènera à un état de satisfaction souriante compatible avec la vie de bureau. Je n’ai pas (encore ?) trouvé dans For Ever de morceau aussi joyeusement entêtant que le « Time » de leur premier album (intitulé « Jungle »), mais « Happy Man » s’en rapproche, et « Heavy, California » a une dimension plus directement dansante idéale pour les petits matins difficiles. Merci à l’indispensable Rebecca Manzoni sur France Inter pour cette découverte.