À ma grande honte, je n'avais jamais vu aucun de ses films. Pire, je ne savais même pas qu'il en avait réalisé. Le nom de Paul Schrader était pour moi celui d'un scénariste régulier de Martin Scorsese, celui de Taxi Driver, d'À tombeau ouvert et de La Dernière Tentation du Christ. Et puis l'autre soir, SundinNote : 1, encyclopédie vivante de la littérature russe et du cinéma mondial, me dit « il faut vraiment que tu voies Sur le chemin de la rédemption de Schrader, ça te plaira ». Oh, comme il avait vu juste… Au premier abord, Sur le chemin de la rédemption (First Reformed en VO) ne s'éloigne pas beaucoup du canon schradérien : l'histoire d'un homme torturé, tenté de répondre par la violence à la violence du monde. Il s'agit cette foi(s) du réverend Ernst Toller (Ethan Hawke), pasteur alcoolique d'une minuscule église, qui va croiser la route d'un jeune militant écologiste terrifié à l'idée de donner la vie dans un monde condamné par le réchauffement climatique. Est-ce que tout est permis quand tout est perdu ? Devant la catastrophe existentielle qui s'annonce, y a-t-il malgré tout la possibilité d'y croire, ou de croire ? Le genre de film dont on ne s'étonne pas qu'il plaise à un lecteur de Dostoïevski.

Note 1 : Si si vous savez, le Sundin de feu Joystick.