Le 26 avril 1986 à 1 h 23, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire Vladimir Ilitch Lénine, au nord de l'Ukraine, est éventré par une gigantesque explosion. Passés les premiers instants de sidération, les vieux réflexes soviétiques reprennent le dessus. Le cœur du réacteur ne peut pas avoir explosé, il doit s'agir d'un réservoir d'hydrogène, et seul un ennemi de l'État prétendrait le contraire. D'ailleurs regardez, les dosimètres indiquent seulement 3,5 roentgens, il s'agit donc d'un incident mineur. Certes, il se trouve que l'aiguille du dosimètre ne monte pas au-dessus de 3,5 mais bon, c'est un détail... Cette mini-série de cinq épisodes, actuellement diffusée par HBONote : 1, qui retrace fidèlement l'incident de l'instant de l'explosion jusqu'à ses dernières conséquences, est un chef-d'œuvre. Chef-d'œuvre de mise en scène, tout d'abord : la radioactivité, parfait méchant de film d'horreur, sème la mort, invisible et partout à la fois ; le réacteur ouvert, ce lieu limite qu'il faudra bien aller voir pour savoir ce qui s'est vraiment passé, mais dont la contemplation nous tuera en un instant ; la Zone, ce lieu arraché hors du monde, où les fragiles conditions nécessaires à l'existence humaine, en un instant, ont cessé d'être réunies. Chef-d'œuvre politique ensuite. Chernobyl nous montre, heure après heure, tandis que les hôpitaux se remplissent, ce qu'il advient quand la raison d'État passe avant la raison tout court. Par les temps qui courent, ce n'est pas inutile.

Note 1 : Donc disponible sur le bouqet OCS ; profitez-en pour rentabiliser l'abonnement que vous avez souscrit pour Game of Thrones.