Pour en apprendre un peu plus sur ces titres obscurs et ceux qui en assurent la promotion, j’ai fermé les yeux, pris une grande inspiration et désactivé mon bloqueur de publicité. Le premier titre sur lequel je tombe, annoncé par une bannière comme « un jeu réaliste pour les hommes », me place devant l’image d’une elfe qui exhibe une poitrine gigantesque et des tatouages tribaux. D’emblée, on me précise que c’est mon jour de chance parce que l’inscription gratuite est encore ouverte, mais qu’il faudra « peut-être attendre le niveau 10 avant de voir le contenu explicite ». Après avoir consenti, j’arrive dans l’univers merveilleux d’Elvenar, jeu édité et développé par le studio allemand InnoGames, où l’on me propose de construire « une ville elfique magique » ou « une ville robuste humaine ». Dans le monde de Winyandor, un bâtisseur me guide lors de mes premiers pas, qui se résument à faire glisser des résidences, des chemins et des ponts sur une carte. J’apprends qu’il faut ériger des bâtiments culturels pour inciter mes citoyens à payer plus d’impôts et à produire des matériaux, et chaque amélioration me coûte une poignée de pièces. Dans le même temps, j’envoie des éclaireurs explorer une province spécialisée dans le marbre en vue de négocier avec ses habitants. Très vite, j’épuise les ressources qui m’ont été allouées au début de l'aventure – des points de connaissance, des diamants, des pièces et des matériaux – et il m’est impossible de construire une résidence dans l’immédiat, à moins d’acheter un pack de 630 diamants pour 4,99 €. Lancé en 2015, Elvenar est un free-to-play au modèle plutôt classique, en ce sens qu'il est tout à fait possible d’y avancer sans avoir à débourser le moindre centime – mais au prix de beaucoup de patience. Passée la phase d'exploration je stagne très rapidement, et je constate que la promesse de contenu explicite n’était qu’un mensonge. Il y a bien des elfes, mais pas de poitrines gigantesques, ni même de tatouages tribaux.