Avant toute chose, il faut que je vous explique comment ça se passe, dans le milieu des passionnés de simulateur de vol sur PC. D'abord, il y a la plèbe. Ce sont des gens comme moi (et probablement vous, si vous êtes raisonnables), qui jouent à DCS, Falcon 4 ou IL-2 Sturmovik avec un équipement classique. En général, un HOTAS comme le Warthog de Thrustmaster (déjà très coûteux pour ce que c'est), et éventuellement des pédales de palonnier. Et puis, il y a les aristocrates. Les nantis. Les dingues. Eux fabriquent ce qu'on appelle un sim-pit, c'est-à-dire un faux cockpit complet dédié à la simulation. J'ai exploré cette voie quelques années, avant de faire demi-tour en sanglotant. Le tarif d'entrée est délirant. Sur un vrai beau sim-pit, vous avez un siège baquet placé dans une armature en bois spécialement construite pour ça. Vous avez aussi des répliques d'instruments réels, achetés à des prix vertigineux sur des sites spécialisés : écrans multifonctions qu'on trouve sur les chasseurs américains modernes, modules CDU et ICP, leviers pour contrôler le train et les volets... Fabriquer un sim-pit, c'est souvent le projet d'une vie, le genre de hobby qui vous occupe 150 week-ends, et dans lequel on engouffre toujours plus d'argent, car il y a en permanence un truc à améliorer. C'est le Graal du pilote virtuel. Le truc que je me promettais de fabriquer une fois à la retraite après que Canard PC, revendu à Vincent Bolloré, m'eut enfin rapporté des millions. Jusqu'à ce que je joue à VTOL VR.