Les films de Guy Ritchie se classent en deux catégories : les chefs-d’œuvre et les nanars. Rangé dès sa sortie parmi les nanars, King Arthur aurait pu n'être qu'un énième étron relégué aux oubliettes par les critiques ciné. Sauf que sur Internet, personne ne comprend pourquoi ce film a pu se faire trucider à ce point. King Arthur souffre certes d'effets spéciaux épouvantables, de quelques scènes en trop et d'une grossière caricature en guise de méchant, mais le reste compense amplement ces défauts. « Le reste », c'est la légende arthurienne filmée comme un récit de braquage moderne sauce Guy Ritchie, bavard, sans temps morts et peu soucieux de la chronologie de chaque scène. Ce style singulier met en valeur les répliques savoureuses d'une galerie de personnages tout droit sortie d'Arnaques, Crimes et Botanique (truands truculents, flics corrompus, magouilleurs divers), à ce point incongrue qu'on se croirait parfois dans un Monty Python. Et puis dans les moments les plus épiques, car il y en a (par exemple cette embuscade en plein Londres médiéval), cette façon de filmer donne à l'action une intensité très agréable. Il y a du chef-d’œuvre dans ce nanar.