Ce que j’aime bien chez Steinbeck, c’est que pour un auteur nobélisé, il reste très faillible. À côté de ces chefs-d’œuvre inattaquables que sont Des souris et des hommes, Les Raisins de la colère ou Tortilla Flat, l’auteur californien a également écrit tout un tas de livres moins marquants. Parmi ceux-là, À l’est d’Eden tient une place un peu à part. Torpillé par la critique à sa sortie en 1952, le livre est pourtant devenu presque immédiatement un best-seller. Dans cette grande fresque façon Autant en emporte le vent, Steinbeck suit la destinée de deux familles dans la vallée de la Salinas en Californie, où il a lui-même passé son enfance. Décousu, avec des personnages parfois caricaturaux et un propos moralisateur très forcé, À l’est d’Eden reste pourtant très attachant. Si le livre est considéré comme l’un des meilleurs de l’auteur, c’est peut-être, justement, parce qu’il n’est pas parfait, mais qu’il transpire la sincérité et l'amour de l'humanité par toutes ses pages.