De William Peter Blatty, on connaît surtout L'Exorciste. Le reste de son œuvre (douze films et autant de romans) n'a jamais eu le même succès, et c'est bien dommage. Tenez, prenez La Neuvième Configuration. L'histoire se déroule à la fin des années 1970. Dans un château isolé reconverti en asile, l'armée américaine tente de soigner des soldats revenus fous du Vietnam, ainsi que quelques autres, comme cet astronaute qui, saisi au dernier moment d'une crise de panique, a refusé de partir pour la Lune. Le film est vraiment très drôle, en tout cas au début, avec une galerie de personnages géniaux, comme ce lieutenant qui veut réaliser une adaptation canine de Shakespeare. Puis le ton change. Et si faire semblant d'être fou était le seul moyen de ne pas le devenir ? La rédemption est-elle possible ? Et Dieu dans tout ça ? La Neuvième Configuration est bavard et prétentieux, presque autant qu'Altered States de Ken Russell, mais comme ce dernier, non content d'être admirablement réalisé (la scène dans le bar est vertigineuse, dans tous les sens du terme), il compte parmi les rares films fantastiques qui parviennent à dire quelque chose d'essentiel sur la condition humaine.