Méfiez-vous de la longueur des articles : cette petite bafouille sur Carrion a beau ne tenir que sur une demi-page, c’est bien le seul jeu de la Gamescom qui m’ait arraché un vrai sourire, comme ça ne m'était pas arrivé depuis 1998 (Denis-de-la-pub, témoin de la chose, m’a dit : « Quand tu souris, ça me glace le sang »). Si la démo de ce simulateur de monstre qui tente de s’échapper d’un laboratoire ne durait qu’une vingtaine de minutes, j’ai passé les dix premières dans la salle où l’on rencontre un être humain pour la première fois. D’une pression sur la manette, j’ai enroulé l’un des mes tentacules autour de son torse puis, en poussant une direction, j’ai envoyé son corps fragile s’éclater contre un mur et, sur la petite durée du trajet, quand mon appendice fouettait l’air (en réalité le son d’un câble USB qui claque, m’a confié le développeur) et que ma victime hurlait de terreur, j’ai ressenti cette sensation bizarre dans ma bouche, mes lèvres qui remuaient toutes seules de plaisir. J’ai poussé mon tentacule dans l’autre direction, et j’ai balancé le corps inerte sur le mur opposé, puis j’ai recommencé, pendant 10 minutes, en souriant comme un psychopathe. Au bout d’un petit quart d’heure, le développeur m’a repris la manette des mains, puis il m’a demandé de partir, sans rien ajouter, avant de s'éloigner de lui-même, sans jamais me tourner le dos.