Il y a deux types de documentaires sur la mafia : ceux avec Bernard de la Villardière et les autres. Heureusement, le film de Mosco Levi Boucault appartient à la deuxième catégorie. Dans Corleone, le parrain des parrains, il n'y a pas de plongée spectaculaire au cœur du crime, de la drogue et de la prostitution. Juste le portrait, en creux, par ceux qui ont commis des meurtres en son nom, de l'homme le plus sanguinaire qu'ait connu la Sicile : Toto Riina, parrain de la mafia de Corleone, puis de toute la Cosa Nostra dans les années 1980 et 90. Tout en sobriété, malgré quelques photos dérangeantes, le documentaire en deux parties se regarde comme une pièce de Shakespeare, où la folie, la mégalomanie, l'ambition et la violence se mêlent dans un seul être aux proportions démoniaques. Loin du Parrain de Coppola ou du mythe de « l'homme d'honneur », Corleone, le parrain des parrains, remet l'histoire de Toto Riina au cœur de celles de la Sicile et de l'Italie, grâce à des témoignages rares.