Jeu: Blacksad : Under the skin
Genre: point and click, visual novel
Developpeur: Pendulo Studios (Espagne)
Editeur: Microids
Plateformes dispo: PC Windows, PlayStation 4, Xbox One, Switch
Plateforme test: PC Windows
Langues: français
Prix: environ 40 €
Date de sortie: 14/11/2019
Telechargement: 17 Go
Config: PC moyen
Drm: Steam
Genre: point and click, visual novel
Developpeur: Pendulo Studios (Espagne)
Editeur: Microids
Plateformes dispo: PC Windows, PlayStation 4, Xbox One, Switch
Plateforme test: PC Windows
Langues: français
Prix: environ 40 €
Date de sortie: 14/11/2019
Telechargement: 17 Go
Config: PC moyen
Drm: Steam
Noël Malware
le 26 novembre 2019
| Modifié le le 25 mai 2021
Kahn Lusth était passé dans mon bureau hier soir. « Tiens, jette tes mirettes là-dessus, ça pourrait te plaire. » Le bougre était dans le vrai. Un polar noir, adapté d’un bande dessinée belle à en pleurer, c’était ma came. Ensuite, il y a eu la nuit, les bagarres. Traces d’urine et de sang. Je me rappelle pas tout. Confusion. Blacksad. Ouais, je crois que c’est comme ça que tout a commencé.
Quand on me refile un truc à mâchouiller, je regarde à deux fois l’emballage. Là, coup de pot, je connaissais le produit. Blacksad, une bande dessinée, l’un des trucs les plus incroyablement beaux de ces vingt dernières années. Je lance le titre sur ma machine. Déception. Les souvenirs me remontent à la mâchoire comme un uppercut. C’était pas ça, Blacksad. Pas de la 3D mal dégrossie, des animations raides et des scripts qui sortent dans le bon sens une fois sur deux. Quelqu’un avait trucidé les belles aquarelles et t’avait remplacé ça par des polygones en train de mendier dans une ruelle. Bon, je devais bien le reconnaître, le machin était passé par une mauvaise chirurgie, genre Arielle Dombasle, et c’était pas beau à voir. J’aime pas toujours mon métier, mais des fois, j’ai pas le choix : pour aller au fond des choses, il faut se salir les mains. J’ai mis un grand coup de griffe dans le bide, pour voir s’il y avait quelque chose au fond des tripes. Là encore, ça sentait les excréments. D’où venait cette lenteur, l’impression de piloter un trois-tonnes avec des pneus neige sur une route corse en plein mois d’août ? Et bon Dieu, ce doublage. Pas toujours raté, d’accord. Inégal, voilà. C’est toujours bizarre quand la moitié des personnages donnent l’impression de découvrir leur rôle.
Chat alors.
Et cette histoire, c’était quoi, déjà ? Un macchabée. Un suicide qu’ils disaient. Tu parles. Le mec était même pas assez grand pour atteindre la corde. En parlant de corde, ça a touché la mienne, la sensible, celle qui peut pas laisser une affaire irrésolue. Chapeau, je dois dire. J’étais dedans. Ouais, moi, une histoire de suicidé, quand ça colle pas, j’y peux rien, ça me hante. J’ai enfilé l’imper du grand chat noir. Je voulais aller au fond des choses. J’ai poussé la porte du club de boxe. La petite mignonne qui m’avait engagé était pas claire. Après tout, c’est elle qui héritait du club et les affaires étaient juteuses. Et puis, si c’est pas elle, alors qui ? Yale, le jeune prodige ? C’est vrai qu’on lui avait promis le combat du siècle et que maintenant, on voulait qu’il se couche. O’Leary, sinon, le caïd du coin ? C’est lui qui organise les paris illégaux. Ou Connely ? Il paraît que le vieux Dunn voulait pas tremper dans sa combine. J’ai pas trop su, alors je suis allé au bout. Je me rappelle plus tout, mais j’ai oublié que le jeu était moche, j’ai appris la cadence, j’ai dansé au bon tempo. On a passé la nuit ensemble, et je me suis réveillé plus heureux que la veille. Du coup, j’ai retenu un truc sur les premiers rencards. L’important, c’est pas le maquillage. C’est ce qu’il reste à se dire le lendemain matin, à l’heure où tout le monde est nu.
Blacksad est un aussi mauvais jeu qu’il est un bon film noir, fidèle à la bande dessinée. Si le gameplay est plus agaçant qu’autre chose, il cache sous ses errances techniques un scénario très chouette, bien mené, simple et efficace qui ravira certainement les amateurs de bons polars.