Certes, Messiah n'est pas The Leftovers, et Netflix n'est pas HBO. Mais malgré son versant conspirationniste pas passionnant et ses personnages secondaires en carton, les dix épisodes de sa première saison méritent mieux que ce qu'en a dit la critique. Car derrière son postulat de départ très cliché (« que se passerait-il si débarquait de nos jours un type prétendant être le messie et capable de faire des miracles ? »), Messiah pose de bonnes questions sur notre rapport à la croyance, à l'image, à la médiatisation – dans tous les sens du terme – du monde. Un enfant palestinien semble touché par une balle israélienne, se relève, ressuscité par le messie, ou bien peut-être n'a-t-il jamais été touché, personne ne peut le dire avec certitude malgré les dizaines de smartphones braqués sur la scène, qui rappelle fort un certain reportage de Charles Enderlin. Qui croire ? Que croire ? Le messie lui-même est-il un prophète ou un simple arnaqueur ? À chaque fois qu'on pense avoir la réponse, Messiah retire le tapis sous nos pieds – pas toujours de façon très subtile, mais ce n'est pas le plus important.