Je ne vais pas dire le prénom de mon témoin – appelons-le Georges, ce n'est pas très important – mais sachez que cette présentation de trois heures d'Assassin's Creed Valhalla, pandémie oblige, s'est faite dans des conditions particulières : chez moi, avec le jeu diffusé depuis un PC lointain, mais surveillé à distance par Georges, auquel j'étais connecté par un micro. Je n'ai rien su de Georges. La plupart du temps, il ne disait rien. Il se contentait de m'observer en train de jouer, sans faire le moindre bruit. Au début de la session, il m'a dit : « Bonjour, je suis Georges, et je vais t'accompagner dans ta partie. » À la fin : « Merci d'avoir participé, bonne journée. » Les premières minutes, j'étais content d'avoir Georges avec moi. Comme j'étais lancé in media res, au milieu de la première partie du jeu, c'est-à-dire aux premières heures de la conquête de l'Angleterre, je n'ai pas eu accès au tutoriel qui se situe au Danemark, d'où les Vikings vont s'élancer à la conquête d'Albion « mais aussi d'autres endroits ». J'étais ravi de pouvoir demander à Georges la touche pour descendre du cheval – il faut laisser une touche enfoncée. C'est aussi là que j'ai compris qu'il y avait quelque chose de bizarre avec Georges. Il n'intervenait jamais si je ne lui demandais pas quelque chose explicitement. Avant de descendre du cheval, j'ai appuyé sur toutes les touches, j'ai tué deux civils, j'ai fait se cabrer ma monture. De toute évidence, je voulais descendre, mais Georges n'a rien dit, il m'a simplement regardé faire, jusqu'à ce que je prenne le courage de lui demander la touche. Je me suis dit qu'il devait me prendre pour un idiot.