On les imagine d’abord égarés, hagards, à la dérive. Car les gens qui se plongent dans un jeu vidéo pour aller mieux cherchent à s’y perdre, c’est bien connu. La télé, nos parents et les psys aux pantalons en velours ont toujours été formels : quand on est malheureux, on joue pour fuir au hasard, en débranchant notre cerveau. Et c’est peut-être vrai pour plein de monde, mais personnellement je ne me suis jamais retrouvé dans cette description des joueurs déprimés, et je ne pense pas être le seul. Je lance bel et bien un jeu vidéo lorsque je dois traverser une période difficile, mais là où ça n’a rien à voir avec l’idée du joueur égaré qui ne pense plus à rien, c’est que ce n’est pas du tout pour me perdre. C’est même pile poil l’inverse : je sais exactement où je vais.