Noël est annulé, donc, et pour une fois, le Père Noël semble avoir entendu mes souhaits quand j'écrivais : « Cher Père Noël, j'ai été très sage toute l'année et je voudrais qu'il y ait une pandémie mondiale et que tout le monde meure, surtout les gens qui sont heureux. » J'ai même été doublement entendu : non seulement Noël est annulé mais, en plus, je suis le seul à recevoir des cadeaux, deux nouvelles consoles, la Xbox Series X et la PS5, que j'ai déballées comme un gosse et avec lesquelles je m'amuse comme un petit fou depuis quelques jours. J'ai beau savourer cette victoire et cette ironie du sort, je ne suis pas méchant pour autant. Alors voici mes premières impressions, pour que vous puissiez faire comme moi les autres années : écouter avidement les autres enfants qui parlent des jouets qu'ils ont reçus à Noël pour m'imaginer, le soir dans mon carton sous la pluie, que je suis quelqu'un d'autre et que c'est moi qui m'amuse, pendant qu'ils grelottent dans le froid.

Confort.

S'il y a bien un domaine dans lequel les deux fabricants semblent se battre pour le même objectif, c'est le confort. Qu'il s'agisse de la PS5 ou de la Xbox Series X, l'impression globale que laissent les consoles, plus qu'un bond graphique, est celle d'une bataille qui se joue maintenant sur tout ce qu'il y a à côté. L'une comme l'autre sont des temples qui ne laissent filtrer quasiment aucun bruit (pour peu que vous jouiez en dématérialisé – sur la PS5, notamment, le lecteur de disque peut faire un peu de vacarme). Plus que la quête du silence, deux choses tranchent nettement avec les générations précédentes : l'effort réalisé pour permettre de relancer sa partie le plus vite possible, quand la console est éteinte, et le raccourcissement très notable des temps de chargement. Côté Xbox, le système de Quick Resume permet, en théorie, de naviguer entre 4 ou 5 jeux et de passer de l'un à l'autre en quelques secondes. Dans la pratique, le système ne fonctionne pas toujours. Parfois, tout s'enchaîne sans problème, parfois il faut relancer un jeu depuis la page d'accueil sans trop comprendre pourquoi. En revanche, jamais aucun souci pour relancer le jeu en cours depuis la console éteinte, en moins de 10 secondes. La PS5, quant à elle, ne permet que de relancer le jeu en cours, mais elle le fait encore plus vite (c'est de l'ordre de deux ou trois secondes). Concernant les temps de chargement, tout dépend des jeux : sur Assassin's Creed Valhalla sur Xbox SX, ils restent notables, alors qu'ils sont invisibles sur Yakuza 7. Sur Spider-Man : Morales, ils sont inexistants, c'est assez dingue. 

Xbox SX : + 1 000 000
PS5 : + 1 000 000

Manettes.

Je préviens : je ne suis absolument pas objectif, j'aime beaucoup trop la manette Xbox. Depuis toujours, c'est la seule que j'utilise, sur n'importe quel système, dès que j'en ai l'occasion. Pour moi, c'est un petit miracle de design. La nouvelle manette est un poil plus petite, plus lourde, avec du grip sur les gâchettes et ce sourire qu'ont les gens qui se savent beaux depuis la naissance. La manette PS5, derrière sa laideur, cache pourtant bien des atouts : gyroscope, vibration HD (comme sur Switch, les vibrations sont beaucoup plus fines et mieux localisées), gâchettes à retour haptique (selon la situation, la pression sur la gâchette peut devenir plus dure ou plus molle et c'est très agréable), pavé tactile, micro intégré et haut-parleur insupportable dont il faut immédiatement baisser le volume de 80 %. Vous avez donc deux styles : celle qui est belle au naturel et ne force pas ses atouts, et l'autre, pas gâtée par la vie mais qui tente tout et accumule les couches de maquillage pour cacher le drame. De là à dire que c'est le match Izual/ackboo qui se joue derrière ses manettes, il n'y a qu'un pas. À noter aussi que les deux manettes, à elles seules, résument la philosophie derrière chaque console : un outil simple, qui s'adapte à tous les jeux et qui passe facilement de la console au PC pour la Xbox, et un objet plus exclusif qui requiert un effort spécifique de la part des développeurs pour en utiliser toutes les possibilités sur PS5. D'ailleurs, les jeux de l'ancienne génération optimisés et patchés pour la PS5, par exemple Ghost of Tsushima, n'utilisent pas le retour haptique, ce qui semble indiquer qu'à moins d'avoir fait un effort en amont chez les développeurs, les outils de la manette resteront probablement superflus. Il y a donc des chances pour que la nouvelle manette de la PS5, qui est un vrai petit concentré de technologie, ne fonctionne réellement à son plein potentiel qu'avec les jeux PS5.   

Xbox SX : + 1 000 000 000
PS : + 100

Design.

Sur ce point, au moins, il n'y aura pas de débat : la PS5 remporte clairement le match, on pourrait même dire que la concurrence n'avait aucune chance. Visiblement, les ingénieurs de chez Sony se sont pliés en quatre et n'ont pas compté les heures supplémentaires pour offrir la console la plus moche, la plus grosse et la plus lourde de tous les temps, au point qu'on pourrait croire qu'il s'agit d'une nouvelle exclusivité : un jeu où il faut essayer de cacher ce monstre qui ne s'associe avec absolument rien et n'entre dans aucun meuble TV. Côté Xbox, c'est quasiment l'inverse : un monolithe noir d'une sobriété rarement vue, qui s'accomode d'à peu près tout type de décor et sait se faire oublier. Mention très discutable, en revanche, sur la présence de l'aération sur le haut de la console, qui pose pas mal de questions sur la retombée des poussières et empêche de la faire entrer dans un meuble Ikea sans craindre de faire brûler l'immeuble. Par contre, ça me fait bizarre de l'écrire, mais je crois que la Xbox est la plus jolie console que j'aie eu chez moi, preuve que la sobriété, finalement, était peut-être la solution depuis le début.

Xbox : 0
PS5 : - 6 000 000

Catalogue.

Par catalogue, j'entends les jeux disponibles à la sortie, mais aussi ceux qui sortiront en exclusivité et, dans ce sens, pas la peine de vous l'apprendre : la messe est dite. Si vous voulez jouer au prochain God of War, à Spider-Man, au remake de Demon's Souls, à Horizon : Forbiden West, vous n'aurez pas le choix : il faudra passer par la case PS5. Si vous voulez jouer aux exclusivités Xbox, en revanche, déjà vous êtes chelou, mais si l'on en croit Microsoft, vous n'aurez bientôt besoin que d'un PC, puisque toutes les exclusivités Xbox devraient finir par être multi-plateformes. Par contre, si vous vous foutez complètement des exclusivités de Sony, le Xbox Game Pass continue d'être l'une des meilleures offres dans son domaine avec un abonnement à 10 € par mois qui donne accès à plus de 200 jeux, dont des sorties récentes et beaucoup, beaucoup de petites pépites. À cela s'ajoute la possibilité d’acquérir une Xbox Series S (la version moins puissante et sans lecteur de disque et je refuse d'écrire Xbox SS) et de rembourser 25 € par mois pendant deux ans, ou une Xbox SX pour 35 € par mois pendant deux ans afin d'avoir accès à la console et à un Game Pass Ultimate qui permet de jouer à tous les jeux à la fois sur la console et sur le PC. L'idée est très bonne, en revanche il faudra faire du ménage dans toutes les offres Xbox qui finissent par s’emmêler les unes avec les autres, ce qui rend difficile la compréhension de ce qu'apporte précisément chaque abonnement. Dernière chose un peu étonnante : la PS5 est livrée avec le jeu Astro's Playroom préinstallé sur toutes les machines, ce qui n'était pas arrivé, il me semble, depuis Alex Kidd sur la Master System. Le jeu ne casse pas des briques, mais il permet de découvrir toutes les subtilités de la nouvelle manette et offre un joli voyage à travers l'histoire des PlayStation dont le message pourrait se résumer à : « Notre longue quête vers la console la plus moche du marché, 25 années de laideur. » En résumé, disons que par rapport au duel PS4 - Xbox One, le paradigme reste un peu le même : Sony garde son hégémonie sur le catalogue. Cela dit, au crédit de Microsoft, le Game Pass et l'adaptabilité entre les plateformes commencent à être un argument bien solide.

Xbox : 0
PS5 : + 5 000 000

Respect de l'environnement.

Oui, je sais, c'est bizarre comme catégorie. Je voulais simplement signaler que les deux consoles, lors du premier branchement, proposent de choisir entre un mode « économie d'énergie » et un mode « optimisé » pour la PS5, ou « démarrage instantané » pour la Xbox. S'ensuit une longue liste d'arguments positifs pour vous demander de choisir le mode le plus consommateur, et une autre liste pour vous décourager d'économiser de l'énergie, sur les deux consoles (« Les mises à jour ne seront pas effectuées », « Ne recharge pas les manettes », « Vous serez peut-être interrompu par des mises à jour »), suivi d'un seul argument positif : « Vous économiserez de l'énergie ». En soi, et sans vouloir faire ma Greta Thunberg, je ne sais pas du tout ce que représente réellement l'économie d'énergie, je trouve juste ça étrange, dans un monde où l'environnement devient un sujet de plus en plus préoccupant, qu'aucune des deux marques n'essaie de se faire passer pour plus vertueuse que sa concurrente. Comme j'aime bien avoir des manettes chargées, j'ai quand même fini par choisir le mode « optimisé » mais je préfère vous prévenir : depuis, je suis hanté par un rêve. Je suis sur un bout de glaçon sur ce qu'il reste de banquise et tout à coup, un ours polaire grimpe à côté de moi. Sur son dos, il y a Hugo Clément qui pleure et l'ours me demande : « Pourquoi m'as-tu fait ça ? Pourquoi m'assassines-tu ? » Ensuite, Hugo Clément devient ackboo, il est nu avec un bonnet en crêpe sur la tête et il veut qu'on prenne un bain, puis je me réveille. Je ne sais pas si c'est lié mais dans le doute je préférais vous le dire. Notez tout de même un petit plus pour la PS5, qui permet de personnaliser davantage les fonctions dont on peut se débarrasser pour économiser de l'énergie, par exemple pour continuer de recharger les manettes sans faire les mises à jour.

Xbox : - 1 000 000
PS5 : - 750 000

Puissance.

Sérieusement, j'ai une tête à bosser chez Canard PC Hardware ? Qu'est-ce que j'en sais, moi, de la puissance des consoles. Je ne sais même pas quelle carte graphique j'ai dans mon PC, alors vous pensez bien que je ne vais pas commenter les CPU et GPU des deux fabricants. Au pif total, je vais dire que la Xbox est un poil plus puissante que sa concurrente, mais rien n'est sûr. En revanche, comme dit plus haut, cette nouvelle génération de console ne donne clairement pas l'impression de faire un bond technologique d'un point de vue graphique, la faute, sans doute, à un line-up composé de jeux cross-gen. Néanmoins, l'amélioration est tout de même notable. Sur Spider-Man : Morales, par exemple, un mode permet d'activer le ray tracing, en limitant les FPS à 30, ou de choisir la fluidité avec un 60 FPS inamovible. En soi, le ray tracing ne transforme pas complètement le jeu, puisqu'il ne s'applique qu'aux reflets, mais c'est tout de même notable et beaucoup plus beau. Autre amélioration, plus difficile à saisir : les lumières semblent beaucoup mieux gérées sur les deux consoles. Qu'il s'agisse de Spider-Man : Morales ou d'Assassin's Creed Valhalla, qui se déroulent tous les deux sous la neige, il y a quelque chose dans l'ambiance générale, sans doute dû aux reflets de la lumière, ou à plus de subtilité dans la finesse du rendu, qui m'a donné une impression vague de densité de la lumière. C'est difficile à expliquer, mais c'est un peu comme si l'atmosphère ambiante paraissait plus vraie, et j'ai vraiment ressenti, dans ces deux jeux, une sorte de parfum de Noël que je n'avais jamais ressenti. Encore une fois, c'est un sentiment vague, peut-être plus dû à une sorte de phénomène d'auto-persuasion qu'à une véritable modification profonde de la lumière mais oui : les jeux sur Xbox SX et sur PlayStation 5 sont plus beaux. Pas énormément plus que ce que l'on avait pu remarquer entre la première et la deuxième PlayStation, mais plus beaux. 

Xbox : + 2
PS5 : + 1

Verdict.

À l'heure du bilan – je suis très content d'écrire cette phrase, j'ai l'impression d'être un vrai journaliste – à l'heure du bilan donc, c'est dommage pour la Xbox. Dommage parce qu'elle fait tout pour faire oublier qu'elle a déjà perdu la guerre. Elle est beaucoup plus belle, elle propose des tas de choses vraiment sympas, mais voilà : une console, malgré tout ce qu'on peut dire autour, c'est avant tout et presque exclusivement un catalogue de jeux. En la matière, Sony a toujours une longueur d'avance. Cela dit, Microsoft fait un sérieux pas de côté : son Xbox Game Pass est de plus en plus attrayant et sa capacité à communiquer avec le PC via les sauvegardes et les captures en fait, plus que jamais, un auxiliaire de son PC à placer sous sa télévision, ce qui n'est pas bête du tout. J'ai du mal à croire que cet argument suffira pour l'instant à lui faire prendre la place d'une console de Sony qui, de son côté, ne cache même plus sa laideur. Ce qui est intéressant, c'est que pour la première fois, en réalité, les deux consoles sont vraiment différentes dans leur philosophie. La PS5, plus que jamais, avec sa manette, est une console pour jouer à des jeux PS5. La Xbox est une console, à l'inverse, pensée pour jouer à tous les jeux vidéo... sauf aux jeux PS5. En ce qui concerne le passage de génération, en revanche, l'époque des sauts dans le temps est bel et bien révolue (c'est le cas depuis la PS4 / XboxOne, mais là c'est définitivement acté). D'un côté, c'est un peu triste : je me souviens de la claque que j'avais prise en voyant tourner pour la première fois Assassin's Creed sur Xbox 360, et j'ai l'impression que ça ne sera plus le cas. D'un autre côté, cette situation a poussé les deux constructeurs à déplacer les améliorations ailleurs, et notamment sur le confort. En jouant à ces deux consoles, je me suis rappelé la première PlayStation. C'était la première fois de ma vie que je découvrais les temps de chargement et ça ne m'avait pas plu du tout. Peu à peu, je m'y suis fait, en pensant que c'était indispensable et qu'il fallait s'y habituer. Et puis, 25 ans plus tard, ces deux nouvelles consoles débarquent et divisent ces temps de chargement facilement par deux, quand ce n'est pas parfois par dix. J'avais aussi perdu l'habitude, comme sur Super Nintendo, d'allumer ma console et d'être en train de jouer dans les dix secondes qui suivent. C'est désormais le cas aujourd'hui, après trois décennies d'écrans d'accueil insupportables. J'espère que les deux constructeurs continueront dans cette lancée et tâcheront encore plus de faire disparaître tous ces petits aspects pénibles que j'avais intégrés au point d'oublier qu'un jour, peut-être, ils ne seront plus qu'un mauvais souvenir.

Xbox SX : Si vous voulez un PC d'appoint sous votre télé, et passer d'une plateforme à l'autre sans souci. 
PS5 : Si vous voulez jouer à des jeux PS5.

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