Nous avons pris trois morceaux issus d'un CD pour les « compresser » en Bluetooth, avant de demander l'avis du public (sans 50/50). Nous avons choisi l'AAC d'Apple (un encodeur efficace et reconnu), un encodage en aptX HD (qui ne dépend pas de la source), un en SBC avec un smartphone Android et un en AAC avec l'encodeur Android (différent de celui d'Apple, donc). Pour obtenir un résultat exploitable, nous avons enregistré la sortie d'un récepteur Bluetooth doté d'une prise numérique (S/PDIF). Ce n'est pas sans faille, mais on évite au moins les défauts du DAC de l’appareil. Si vous avez déjà suivi des audiophiles, vous avez peut-être parfois lu que l'AAC et le SBC sont horribles et que seuls l'aptX (HD) ou le LDAC peuvent éventuellement satisfaire les oreilles, mais que rien ne vaut la musique sans pertes (et nous avons passé ici l'écueil du 24 bits ou du 96 kHz). Les essais pratiques tendent tout de même à rejoindre ce que pas mal d'autres tests en aveugle montrent : l'AAC à 256 kb/s et l'aptX sont transparents à l'écoute pour une bonne partie des gens.

Dans un usage normal, la compression fait parfaitement son travail.

L'adaptateur dispose d'une sortie numérique et il indique le codec utilisé.
L'encodage AAC d'Android (sur Nvidia Shield, en haut) coupe largement les hautes fréquences. L'encodage AAC d'Apple (en bas) est moins destructeur.

Peu de bons résultats.

Dans l'ensemble c'est sans appel : une partie significative des personnes ayant répondu avoue être incapable de faire la différence entre les trois versions. Et parmi nos participants qui ont tenté de donner un classement, les erreurs restent nombreuses. Il faut bien prendre en compte deux éléments : premièrement, le test n'était pas impossible et quelques-uns ont réussi à trouver le bon ordre pour tous les morceaux (avec certes du matériel - très - haut de gamme). Deuxièmement, certains reprochent les choix des morceaux en expliquant que tel ou tel style de musique aurait pu mettre en avant les défauts de compression. Mais le but était justement de montrer qu'il y en a assez peu. Nous avons eu le cas de quelques audiophiles clamant que la différence est flagrante même avec du matériel à 50 €, mais ils ont été incapables de nous indiquer les morceaux compressés. Et c'était aussi un peu le but de ce petit test : démontrer que dans un usage normal, la compression fait parfaitement son travail. Les personnes entraînées, dotées de matériel haut de gamme, pourront peut-être entendre une différence, mais ils n'utiliseront probablement jamais un casque Bluetooth. A contrario, le grand public ne sera généralement pas capable de reconnaître la version compressée de l'originale, même en supposant que le casque ou les enceintes Bluetooth soient performants (ce qui, il faut bien l'avouer, n'est pas toujours le cas).

Le codec en Bluetooth n'est pas le principal problème.

Au-delà de l'efficacité de la compression, il faut bien comprendre que le codec Bluetooth n'intervient qu'en bout de chaîne. Si vous passez par un service de streaming pour écouter de la musique (ou, pire, par YouTube), elle est probablement compressée en amont. Certains services proposent bien du lossless, mais même dans ce cas il y a des surprises : les maisons de disques ont parfois fourni du MP3 gonflé. Et une fois dans votre périphérique, il faut aussi supposer que le DAC de votre appareil fasse correctement son boulot : ce n'est vraiment pas systématique, spécialement dans les cartes mères ou les smartphones d'entrée de gamme.

Les résultats.

Premièrement, les résultats sont disponibles sur cette page, avec le type de codec utilisé pour chaque fichier. Pour se donner une idée, une personne sur deux de l'échantillon (assez faible, une cinquantaine de réponses) indique n'entendre aucune différence. Dans ceux qui indiquent entendre une différence, une majorité se trompe et sélectionne une version compressée, et certains arrivent bien à différencier le WAV. Sur l'ensemble du test, une seule personne à réussi à trouver la version non compressée dans tous les cas et dans le bon ordre.

2 Wicky. Tiré du premier album d'Hooverphonic, 1 minute de 2 Wicky. Il y a un fichier tiré du CD, un second qui est de l'AAC Apple, et le troisième de l'aptX HD.

WAV

aptX HD

AAC Apple


Pour ce morceau, 47 % avouent ne pas entendre la différence, 34 % se trompent, 18 % trouvent le WAV.

Club Montepulciano. Ici un morceau du second album, avec la version de Geike Arnaert. Il y a un fichier tiré du CD, un second qui est de l'AAC Apple, et le troisième du SBC depuis un smartphone Android.

AAC Apple

SBC

WAV


Pour ce morceau, 17 % avouent ne pas entendre la différence, 26 % se trompent, 26 % trouvent le WAV et 19 % indiquent que le SBC est la version sans compression.

Mad About You. Tiré du troisième album, un morceau entendu et (ré)entendu, dans les séries, pubs, etc. Il y a un fichier tiré du CD, un second qui est de l'AAC Apple, et le troisième de l'AAC Android (un autre encodeur, donc).

AAC Apple

AAC Android

WAV


Pour ce morceau, 52 % avouent ne pas entendre la différence, 28 % se trompent, 19 % trouvent le WAV.