Créateurs : Gérard Ascensi, Ferran Renalias
Illustrateurs : Enrique Corominas, Jared Blando
Éditeur : Iello
Nombre de joueurs : 1 à 4
Nombre de joueurs optimal : 3 à 4
Durée : 1 à 2 h
Complexité : complexe
Surface de jeu recommandée : table de salon
Prix : 70 €
| Modifié le le 29 avril 2026
« Mozart est là ! – Mozart ? Mais on joue la Carmina Burrata ! » La blague est un peu éculée mais, j'avoue, j'ai hésité à la faire. J'ai même cherché comment enchaîner avec une paronomase entre « la crémeuse » (rapport à ladite Burrata) et Lacrimosa. C'est là que mon voisin de table, en plein Dies Irae, m'a filé un coup de coude rageur : je fixais le vide depuis cinq minutes au lieu de poser ma carte.
Compos et combos.
Sacré, musique de chambre, orchestral, vocal… Mozart a composé dans toutes les branches de la musique existant à son époque. Pour l'imiter, le jeu essaie donc d'utiliser toutes mécaniques existant actuellement, ou peu s’en faut. On aura un brin de deckbuilding, des cartes que l’on joue et d’autres qui restent sur la table et qu’on active, une sorte de déplacement d'ouvrier, des objectifs personnels et des majorités… Mais l'ensemble prend facilement sens, car il n'y a au final que quatre axes de jeu. L'achat de souvenirs améliore le deck. On peut aussi parcourir le trajet que Mozart a fait en Europe au cours de sa vie, pour récupérer des tuiles bonus ou des objectifs. On peut acquérir des partitions (sans doute d'occasion puisqu’on les appelle Opus) que l'on fera interpréter pour gagner de l'argent, ou que l'on vendra pour des revenus et des points de victoire. Enfin, on peut participer à la composition des parties manquantes dans le fameux Requiem.Il faut observer de très près la petite musique de nuisance que l’autre est prêt à jouer.
Concertaunt pour stratégie et frustrations.
Le Requiem, donc, concentre les attentions. À noter que le fonctionnement des majorités ne dépend pas des joueurs en présence. Lorsqu’on y place une ligne mélodique, on choisit lequel des deux compositeurs présents pour la partie on veut embaucher pour ce faire et, en fonction, on pose son jeton sur la face une croche ou sur la face deux croches. En fin de partie, le compositeur qui a été utilisé le plus souvent pour le mouvement obtient la majorité ; s’il s’agit de celui représenté par deux croches, chacun de mes pions de ce symbole rapporte par exemple quatre points, ceux représentant une seule croche, seulement deux points. Or, ce n’est pas un choix que l’on fait simplement dans l’optique de ces majorités. Pour installer un pion, il faut avoir le bon instrument en réserve mais aussi pouvoir s’acquitter du prix de la tuile liée au compositeur souhaité, dont les coûts augmentent au fur et à mesure. Tuiles qui, par ailleurs, apportent un bonus, parfois immédiat, parfois permanent pour la suite de la partie. Les plus chères peuvent alors être celles après lesquelles on court en début de partie pour faciliter sa stratégie.