Après avoir été réclamé à cor et à cri par des foules entières de développeurs, le concours Make Something Horrible – la gamejam des jeux pourris de Canard PC – a fait son grand retour cette année. L’objectif de cette édition, intitulée « to Slop or not to Slop », était de créer un jeu capable de prouver la supériorité de l’être humain face aux machines.
Prix du GOTY de l’année : The SLOPerator, par LambdaPanda
The SLOPerator n’a pas seulement le bon goût de faire référence à l’excellent The Operator, il décide aussi d’adopter le point de vue de ceux qu’on oublie quand il s’agit de parler d’IA générative. Car ces boîtes noires miraculeuses répondent à une règle fondamentale de cet Internet des licornes : quoi qu’on en dise, on a encore besoin de petites mains pour le faire tourner. Ce fameux digital labour issu des pays placés bas sur le Big Mac Index, qui n’intéresse pas toujours la presse, et dont les représentants se perforent l’âme à supprimer les images les plus morbides de la toile, se flinguent le cerveau à entraîner inlassablement des modèles, et, dans notre cas, inondent les réseaux de Jésus en crevettes et de vaudevilles de fruits. Dans la peau de ce travailleur du clic vietnamien, poussé économiquement à faire grimper des chiffres abstraits en générant du slop à la chaîne pour les boomers et les jeunes de moins de 50 ans, on gagne ainsi sa vie en convertissant l’engagement en argent. En plus du contrepied rafraîchissant, la rédaction salue un clicker à la mise en scène soignée et aux finitions impressionnantes pour un jeu de ce calibre. Le top du slop ! – Kocobé
Deuxième prix : Trouve-moi un nom pour un jeu génératif qui mixe plusieurs classiques de manière parfaitement cohérente, par Gaddy
Lorsqu’un humain développe un jeu, il se contente d’un seul genre. Il fait, par exemple, un jeu de sport, un jeu de stratégie, ou un jeu de plateforme, parce qu’il est incompétent, dépassé, qu’il perd du temps à se nourrir, à dormir, à faire des gros cacas humains qui ne sentent pas bon. L’intelligence artificielle n’a que faire de ces limites biologiques. Alors ceci n’est pas UN jeu. C’est LE jeu. Celui qui fusionne tous les genres, tous les gameplays, dans une étourdissante symphonie ludique. Vous croyez jouer à Zelda et hop, il se transforme en Super Mario. Puis il devient un Pac-Man, avant de se métamorphoser en Grand Theft Auto. Ce chef-d’œuvre peut remplacer à lui tout seul l’intégralité de votre bibliothèque Steam et vous divertir à l’infini pour le prochain siècle. Une révolution dans le game design. – ackboo
Troisième prix : Sa Story, par Isator
Voilà sans doute le seul jeu vidéo au monde dont le protagoniste principal s'appelle Jean-Gérard. Rien que pour cela, il mérite votre attention. Jean-Gérard a disparu, laissant sa vie de rêve derrière lui (dont sa place de comptable chez Carassurance). Dans un vibrant hommage au style de Sam Barlow, vous devez fouiller l'historique de ses discussions avec CanardGPT, découvrir pourquoi il est parti, et peut-être même où. De mot-clé en mot-clé, avec une soixantaine de textes hilarants et une reprise émouvante de « Wonderwall », ce jeu offre…Pour lire la suite de ce test, passe à CanardGPT Premium ✨ pour seulement 19,95€ / mois
✅ Accès illimité
✅ Réponses ultra optimisées et méga intelligentes
✅ Priorité dans la file des traitements
– Perco
Prix LucasArts du meilleur point & click : IA - Enfin la Vérité, par HuitreMagique
Les grands classiques du point & click que sont The Secret of Monkey Island ou Day of The Tentacle ne sont pas que des jeux vidéo. Ce sont aussi des commentaires acerbes sur les dérives de notre société. IA - Enfin la Vérité perpétue cette tradition de l’activisme vidéoludique avec une aventure cliquante très engagée, qui dénonce pêle-mêle les dangers de l’IA, l’insécurité routière et la précarité des petits producteurs laitiers. On en ressort bouleversé, mais avec la certitude qu’il ne tient qu’à nous, citoyens et consom’acteurs, de guérir notre planète. – ackboo
Prix du potentiel commercial : BeauPilote, par LePoussin
L'IA a dessiné un horrible portrait, autour duquel s’étale la palette des visages utilisés. À vous de retrouver, en un temps limité d’où viennent ces yeux (Marie Curie ?), cette bouche (Sonic ?), cette coiffure (Charles de Gaulle ?), ce nez (le Concorde ?). Le concept tient sur un Post-it, mais il est redoutablement efficace. BeauPilote a tout du futur carton qu’on lance au bureau chaque jour, à l’instar d’un SUTOM. L’art, c’est bien. Les débouchés commerciaux, c’est mieux. LePoussin a saisi l’esprit Canard PC. – Soupape François
Prix du parasocial : CanardPC : l'IA ne répond plus, par Datoh
À mi-chemin entre The Stanley Parable et The Witness, CanardPC : l'IA ne répond plus met la connaissance du lore Canard PC au service de puzzles intransigeants. Seule la puissance mentale pure vous permettra de découvrir tous les easter eggs disséminés avec amour. Mais où finit l’amour, et où commence l’horreur ? Cela dépendra de votre tolérance aux clins d’œil compulsifs d’un Agar et d’un Kocobé emprisonnés dans le corps métallique d’un droïde, qui vous suit et vous fixe partout où vous allez. – Soupape FrançoisIA du monde au balcon
On tient aussi à en placer une pour tous les autres grands esprits malades qui ont participé à cette game jam, comme BMagic et son 5 min Slop Clicker qui a meurtri nos âmes à vie avec son image de l’enfant ingrat de Louis-Ferdinand Sébum et Nadine de Rothschild ; FurAune pour son Slop Slope Raiderz et ses courses en 4L sur des montagnes hallucinées ; teamizakaya, titusbinus et NietzscheAutomata pour leur Super Prompter 2000 digne d’un WarioWare du septième cercle des Enfers. Merci et bravo également à raaaahman, Neibucrion, Maskdaur, Lo-et-lu, ZetaKebab, wolfmic et BelegarDunord Apps !
Prix de l’intro pour épileptiques : CyberLunettes, par Logoman
Preuve, s’il en est encore besoin, que nos lecteurs sont soucieux des petites mains de l’industrie, les invisibles, les laissés-pour-compte, CyberLunettes s'intéresse lui aussi à ceux qui fournissent les réponses aux questions des utilisateurs d’IA, à ceux qui sont prêts à faire brûler la forêt amazonienne pour savoir si, finalement, elle était dorée ou bleue cette robe ? Une expérience courte (très), mais amusante, qui sort surtout du lot par sa direction artistique, notamment celle de son intro. Entre pub Sosh, costume de Michou et nuancier de chez Saint-Maclou, l’ensemble est…. unique dirons-nous, et c’est bien le plus important. – Perco