Ellen Replay

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Tetris Effect - Empiler à en perdre la raison

En 1984, alors qu’il travaillait à l’Académie des sciences de l’URSS, Alexey Pajitnov a imaginé Tetris, donnant immédiatement un énorme coup de frein à la productivité de ses collègues (et, plus tard, à celle du monde entier). Depuis, le titre est devenu le jeu le plus vendu de tous les temps et a exposé une partie considérable de son public à l’effet Tetris – ce syndrome qui pousse, bien après avoir arrêté de jouer, à imaginer des voitures, des immeubles ou encore des arbres s’emboîter à la perfection. Depuis le mois dernier, je subis l’effet Tetris Effect quand vient l’heure de m’endormir : je suis souvent persuadée d’être à la tête d’un orchestre cosmique, où chacun de mes mouvements me ferait jouer les notes d’une symphonie désarmante de beauté.

L’Homme qui aimait trop les livres, par Allison Hoover Bartlett, sorti aux éditions Marchialy en octobre 2018, 21 € – que je vous recommande d’acheter avec votre argent si vous aimez les livres et les petites maisons d’édition qui les fabriquent.
L’Homme qui aimait trop les livres

Telltale: chronique d’une mort subite - Ils sont morts, les morts-vivants.

Depuis son adaptation de la série The Walking Dead en 2012, le studio Telltale s’est spécialisé dans les jeux narratifs qui donnent envie à tout être doté d'un cœur de se recroqueviller en position fœtale dans son canapé. Mais la franchise lui a aussi permis de se tailler un solide succès commercial et critique, et de multiplier les projets d’adaptation, de Batman à Game of Thrones en passant par The Wolf Among Us. Jusqu'au 21 septembre 2018, où un triste événement a dépassé toutes les histoires déprimantes imaginées par les auteurs du studio : Telltale a annoncé le licenciement brutal de la majeure partie de ses employés.

Crimes et châtiments virtuels - Faut-il faire respecter la loi et l’ordre dans les jeux vidéo ?

Qu’il s’agisse de cyberharcèlement, d’attaques informatiques ou de triche, il est aujourd’hui fréquent que des comportements de joueurs se trouvent judiciarisés. À l'inverse, certains jeux semblent constituer des zones de non-droit, ce qui soulève de nombreux débats au sein de leurs communautés : des gangs de joueurs expérimentés sèment la terreur dans les plaines verdoyantes de World of Warcraft, profitant de la naïveté de certains débutants pour voler leurs objets virtuels, tandis que des utilisateurs de Second Life ouvrent des maisons closes pour mineurs dans des quartiers tout à fait respectables. Mais qu’est-ce qui constitue un « crime virtuel », au juste ? Comment les studios de développement collaborent-ils avec les autorités pour faire juger les joueurs dont ils condamnent le comportement – et depuis quand la justice se mêle-t-elle de nos activités virtuelles ?

Celestia
À la conquête des simulateurs d'univers - Avec des simulations, on mettrait des décillions de galaxies en bouteille

De No Man's Sky à Eve Online en passant par Star Citizen, les jeux vidéo se déroulant dans des galaxies lointaines prolifèrent, tels des organismes multicellulaires sur une planète super-habitable. À l'ombre de ces derniers, qui comptent des millions de joueurs, se trouvent des simulateurs d'univers beaucoup plus réalistes, dans lesquels les utilisateurs s'abandonnent à de longs moments de contemplation et d'errances galactiques.

Frozen Synapse 2 - L’Art de la guerre froide

À la question « Que feriez-vous si vous étiez le premier à apprendre que le monde allait être détruit dans 24 heures ? », ma réponse est sans appel : j’inspirerais un grand coup, avant de courir comme une dératée vers une destination inconnue tout en poussant une salve de cris hystériques. Cette question, Sébum ne me l’a jamais posée – et c’est probablement pour ça que m’incombe aujourd’hui la tâche de tester Frozen Synapse 2, un jeu plus indiqué pour les fins stratèges que les personnes enclines à la panique de ma trempe.

La cruauté dans les jeux vidéo - Certains hommes veulent juste voir le monde virtuel brûler

Dans un bel élan de cruauté gratuite, des joueurs prennent un malin plaisir à semer chaos et souffance dans les mondes virtuels. Certains adeptes de GTA-like s'amusent à tirer dans les parties intimes de PNJ sans défense. D'autres génies du mal réunissent des Sims affamés dans une salle dépourvue de porte et les contraignent à se faire livrer une pizza qu'ils devront regarder moisir jusqu'à ce que vienne la délivrance de la mort. Des joueurs de Super Mario 64 rendent un bébé pingouin à sa mère éplorée avant de les jeter tous deux du haut d'une falaise. C'est cette cruauté, dont il m'arrive aussi de faire preuve, simplement parce que j'en ai le pouvoir, que j'aimerais aujourd'hui essayer de comprendre.

The Walking Dead : L'ultime saison – épisode 1 - 28 saisons plus tard

Lorsque les auteurs Sean Vanaman et Jake Rodkin ont conçu le personnage de Clémentine, l'héroïne de la franchise de jeux Walking Dead, ils ont dû faire face à un défi considérable : imaginer un enfant capable de susciter assez d''empathie pour que le joueur moyen n'ait pas envie de l'abandonner lâchement à la première occasion venue. Après de longues tergiversations, l'un des personnages de jeux vidéo les plus attachants de ces dernières années venait gracier nos écrans, tout ça pour être relégué au rang de personnage secondaire dans la troisième saison. Les fans de la franchise ne se sont pas contentés de ressentir de l'empathie pour Clémentine, comme l'avaient espéré les développeurs – ils ont bruyamment demandé son retour au premier plan, et leurs suppliques ont fini par payer.

Le jeu vidéo en prison - La grande évasion

Dans une salle de spectacle où règne un silence religieux, une petite dizaine de personnes s’affrontent à tour de rôle sur Fifa 18. Entre chaque match, des observateurs se fendent d’un petit commentaire sur les tactiques des participants, d’un conseil avisé (« Prends l’Allemagne, c’est eux qui vont gagner la Coupe cette année »), d’une plaisanterie teintée de régionalisme breton (« Choisis plutôt Guingamp, allez ») ou d’un pronostic. Parfois, un cri de joie vient troubler la profonde quiétude de l’événement, qui ressemblerait finalement à n’importe quel tournoi Fifa s’il ne se déroulait pas dans le quartier socio-culturel d’une prison.

Quand les astronautes jouent aux jeux vidéo - De bonnes raisons d’emporter son PC lors de votre prochaine mission spatiale

Derrière l’exaltation des missions spatiales se cache une réalité peu reluisante : celle d’astronautes contraints de vivre dans une constante promiscuité et un espace confiné. Heureusement, il leur reste toujours des activités telles que la lecture ou l’apprentissage d’une langue morte pour s’évader – et bien que cela reste encore très anecdotique, certains choisissent d’assembler des briques en pixels ou de marquer des paniers virtuels pour oublier l’étroitesse de leur vaisseau.