Genre : jeu de figurines
Développeur : Unknown World (États-Unis)
Éditeur : Krafton
Plateformes : Windows, macOS
Téléchargement : 5,5 Go
Sortie prévue : NC
Langues : anglais sous-titré en français
Prix actuel : 30 €
Développeur : Unknown World (États-Unis)
Éditeur : Krafton
Plateformes : Windows, macOS
Téléchargement : 5,5 Go
Sortie prévue : NC
Langues : anglais sous-titré en français
Prix actuel : 30 €
Noël Malware
le 10 octobre 2022
| Modifié le le 19 octobre 2022
Les gens de Subnautica ont fait un nouveau jeu ! Les gens de Subnautica ont fait un nouveau jeu ! LES GENS DE SUBNAUTICA ONT FAIT UN NOUVEAU JEU !
Et... ça n'a absolument rien à voir avec Subnautica. Moonbreaker, le nouveau jeu d'Unknown Worlds, est aussi proche de la précédente production du studio qu'une salade de quinoa l'est de Fabien Roussel. Moonbreaker, en gros, et pour le dire vite, c'est Hearthstone, mais avec des figurines à collectionner à la place des cartes.
Comme dans Hearthstone, l'essentiel de l'expérience consistera à se foutre sur la gueule avec un adversaire humain dans des matchs d'une petite vingtaine de minutes. Comme dans Hearthstone, il faudra acheter des boosters – des packs – avec de l'argent réel, celui qui sert à payer vos impôts, ou bien en jouant suffisamment pour récupérer la monnaie du jeu et s'offrir quelques figurines à l’œil. Enfin, presque à l’œil puisque, pour l'instant, l'accès anticipé coûte 30 euros, ce qui pose la complexe et délicate question des jeux vendus sans donner accès à tout leur contenu. La délicate et complexe question du vol.
Collection, piège à con.
Rassurez-vous quand même un peu : l'accès anticipé, en réalité, donne accès à quasiment toutes les figurines dès le début, et il suffit de deux ou trois parties pour récupérer ce qui manque. N'empêche que. N'empêche qu'Unknown Worlds est déjà en train de se prendre les pieds dans le tapis et que les développeurs revoient leur copie en supprimant le ticket d'entrée de certains contenus. Parce que oui : payer un peu pour plus de contenu dans un jeu gratuit, d'accord. Payer à la base pour avoir accès à un contenu complet, c'est bon aussi. Mais les deux à la fois : bof. Il faut choisir.Comme dans Hearthstone donc, en plus des parties en ligne, il y a également un mode de jeu solo, avec des missions qui s’enchaînent à la manière d'un rogue-lite, toujours plus difficiles, et qui permettent de gagner un peu de monnaie pour débloquer des cosmétiques et des figurines. Et puis, voilà : c'est à peu près tout. Trois modes de jeu : entraînement contre l'I.A., matchs en ligne et missions solo. C'est un peu maigre, on ne va pas se le cacher. Au bout de six ou sept parties à refaire la même chose, l'intérêt s'émousse.
Des visages, des figurines.
Pas comme dans Hearthstone maintenant. Pas comme dans Hearthstone, il n'y a pas de cartes dans Moonbreaker, mais des figurines plus jolies les unes que les autres. En début de partie, il n'y en a que deux sur le plateau : un capitaine pour chaque joueur. Si le capitaine meurt, c'est terminé, la partie est perdue. Les figurines se déplacent, tirent et lancent des capacités comme dans X-COM ou n'importe quel jeu de stratégie au tour par tour.Mais : un peu comme dans Hearthstone quand même. À chaque tour, le joueur gagne un « point de mana » (en gros). Un point au premier tour, deux points au deuxième, trois points au troisième, etc. Ces points, progressivement, vont permettre d'invoquer d'autres figurines sur le terrain de jeu. Certaines coûtent cher à invoquer, d'autres moins, certaines frappent fort, ont beaucoup de points de vie ou possèdent des capacités spéciales qui peuvent changer le cours de la partie et, bien sûr, il faut préparer tout ça à l'avance en essayant de construire une équipe dont les capacités se complètent.
Au bout de six ou sept parties à refaire la même chose, l'intérêt s'émousse.
Le plastique, c'est fantastique.
Je ne vais pas vous faire le résumé complet de tout le fonctionnement des parties de Moonbreaker. En gros, la base est là, il manque les finitions. Le jeu fonctionne bien, mais pas suffisamment pour maintenir l'intérêt plus de quelques parties, principalement parce que celles-ci se ressemblent trop. Rien d'irréparable, loin de là. Quelques plateaux de jeu en plus avec, pourquoi pas, un peu de verticalité, deux ou trois modifications pour rendre les parties plus imprévisibles, une petite tonne de figurines en plus de la grosse trentaine proposée, quelques modes de jeu, et Moonbreaker pourrait tout à fait, et sans trop forcer, aller chercher Hearthstone dans son royaume.À ce stade, j'aurais donc pu vous dire : attendez. Attendez que les développeurs revoient leur système de monétisation, qu'ils ajoutent des fonctionnalités, qu'ils polissent le tout, et vous pourrez vous éclater pendant des heures si vous aimez les jeux avec des figurines, les tactical et les jeux en ligne compétitif. Mais voilà, il y a autre chose qui, malgré le peu d'intérêt que j'ai pour le gameplay, pour l'instant, pourrait faire de Moonbreaker le jeu auquel je jouerai le plus cette année : la peinture.
De la peinture et des jeux.
Moonbreaker est peut-être, pour l'instant, un peu léger en contenu. Son concept, lui, est si brillant qu'on s'étonne que personne n'y ait pensé avant : des figurines à collectionner, associées à un outil complet pour passer des heures et des heures à peindre en écoutant des podcasts, des émissions sur Twitch ou des vieux reportages d'Arte.Ceux qui ont déjà peint des figurines le savent : c'est l'une des activités les plus relaxantes et les plus calmes d'une existence marquée par le stress et l'angoisse. Ici aussi, Moonbreaker manquent d'éléments, mais il y a déjà, amplement, de quoi s'amuser. De la peinture, évidemment, mais aussi des lavis pour aller peindre les ombres, du brossage à sec pour faire ressortir les arêtes et des stickers à collectionner pour s'amuser à créer sa petite armée virtuelle.
Quelques podcats à écouter pendant vos sessions peinture
- State of the Arc (en anglais) : Mike et Casen font une sorte de « club de lecture » consacré aux jeux vidéo et, plus particulièrement, au storytelling dans le jeu vidéo. Entre leur expertise et les digressions passionnantes sur la plausibilité pour un hélicoptère Hind-D d'abattre deux F-16, c'est de très, très loin, le podcast le plus intéressant que j'aie pu écouter dans le domaine du jeu vidéo et de la narration.
- Meta de Choc (en français) : déjà recommandé par Soupape François dans un Papier culture, Meta de Choc explore, à travers de très nombreux témoignages, les mécanismes qui nous poussent à croire pas mal de conneries, qu'il s'agisse de sectes, de conspirations, de médecines alternatives ou de tout un tas de choses que nous prenons pour acquises sans trop remettre en question les raisons qui nous poussent à penser ce que l'on pense.
- Jacob Geller (chaîne YouTube en anglais) : c'est difficile à décrire. C'est un peu comme si quelqu'un d'extrêmement cultivé venait chez vous en plein hiver pour vous raconter, au coin du feu, des histoires qui façonnent l'humanité et les cultures, qu'il s'agisse de la peur des grandes profondeurs, des dangers du froid, de la manière dont l'art véhicule des légendes urbaines, en utilisant plein d'exemples tirés de la littérature, du cinéma et des jeux vidéo. Pour commencer, je recommande la vidéo « Fear of the cold ».
- Cerno - l'anti-enquête (en français) : déjà recommandé également dans un Papier culture, le journaliste Julien Cernobori découvre qu'un tueur en série a vécu dans son immeuble. Micro à la main, plusieurs dizaines d'années après les faits, il se lance à la poursuite de cette histoire. Sauf que Julien s'en fout des tueurs en série. La seule chose qui l'intéresse, c'est d'interroger un maximum des gens pour savoir qui ils sont, ce qu'ils font dans la vie et comment ils en sont arrivés là. Mention spéciale à la dame qui raconte qu'elle faisait des partouzes avec France Gall.
Sous-couche volante.
Avec un peu de temps, Unknown Worlds pourrait ajouter des tas de choses : une vraie palette de couleurs pour faire ses mélanges, des peintures mats, brillantes ou métallisées, des options pour simuler un coup de sopalin et même, soyons fous, de la customisation en découpant des bouts d'une figurine pour aller la coller sur une autre, mais cette partie fonctionne déjà parfaitement bien en l'état et justifierait presque, à elle seule, de se laisser tenter sans attendre.Tout dépendra, maintenant, de la capacité d'Unknown Worlds à écouter les retours des joueurs pour finaliser un concept qui vaut son pesant de plastique Games Workshop. Sachant que le studio était déjà passé par un accès anticipé pour Subnautica, avec le résultat qu'on connaît, j'aurais tendance à vouloir leur faire confiance. Au pire, j'aurai déjà passé des heures à peindre dans un calme absolu, en terminant enfin tous les podcasts que j'avais dans ma liste.
Pour l'instant, Moonbreaker est surtout un concept brillant auquel il manque encore tout un tas de garnitures pour maintenir en haleine pendant plus de quelques heures, mais si vous aimez peindre des figurines sans vous salir et que vous avez des podcasts à écouter, il y a déjà de quoi tomber dans un trou noir temporel sans même jouer au jeu.
Attendez