| Modifié le le 19 mars 2026
Plus satisfait de se contenter d'employer l'IA pour améliorer la qualité d'image ou la fluidité des jeux, le DLSS de Nvidia veut passer à la vitesse supérieure en mettant les mains directement dans le cambouis de leur rendu 3D. C'est la raison d'être du DLSS 5, tout fraîchement annoncé, qui entend confier à des réseaux neuronaux la gestion des éclairages et des matériaux. Pour un résultat visuel... cauchemardesque, de ce que l'on en voit pour l'instant.
Top of the slop
Ces images disent des choses absolument terribles (quoiqu'absolument pas surprenantes) de la façon dont Nvidia, en tant qu'institution, perçoit désormais le jeu vidéo. En premier lieu, elle le voit avec des sensibilités visuelles que j'imagine tellement intoxiquées au slop, justement, qu'elles ne savent plus faire la distinction entre complexité et « photoréalisme », jusqu’à se permettre d'affubler ce deuxième qualificatif à des images montrant pourtant des invraisemblances physiques grossières : sources lumineuses artificielles invisibles, ombres portées informes, tone mapping incohérent au possible avec notamment une désaturation très excessive des zones à forte luminosité... Et puis, bien sûr, il y a le peu de cas qui est fait des intentions artistiques qui animaient les créateurs des jeux, l’IA se permettant d’altérer significativement les traits et expressions des personnages (quand bien même ce ne serait que par le truchement de la lumière) et les ambiances des lieux qu’elle dépeint.Des sensibilités visuelles tellement intoxiquées au slop qu'elles ne savent plus faire la distinction entre complexité et « photoréalisme ».
Alexa, joue de la musique triste
Dans l'absolu, tout ça paraît tout à fait crédible. Le problème, c'est que ces envolées lyriques sur l'importance de l'intention créative, ces mains innocemment levées en l'air pendant qu'on nous garantit que non, promis juré craché, on ne se permettrait jamais d'essayer de remplacer le processus artistique humain, c'est un refrain que l'on connaît par cœur, et dont on sait désormais à quel point il est creux. À titre personnel, je me le suis entendu chanter quand on a voulu me vanter les mérites d'outils de génération musicale. On me l'a chanté à propos de systèmes de PNJ du genre Ubisoft Neo ou Nvidia ACE (ça alors, encore vous ici !).