Commençons par les disques durs, nous évoquerons les SSD ensuite. Il existe deux grandes familles de disques durs externes : les modèles portables – équipés d'un HDD 2,5 pouces – et ceux de bureau. Les premiers restent évidemment les plus populaires : le format est compact, la capacité peut atteindre 5 To et ils s'alimentent directement à travers le bus USB. Les seconds demandent une prise de courant (sauf dans des cas très particuliers en USB-C), mais la capacité peut monter nettement plus haut (10 To et plus), tout comme les prix.

Avantages et inconvénients des modèles portables.

Un disque dur portable classique proposera une capacité suffisante pour de la sauvegarde et pour transporter des données. Comptez environ 60 € pour 1 To, ~90 € pour 2 To, 100 à 120 € pour 3 To, 120 à 170 € pour 4 To et jusqu'à 200 € pour 5 To. L'interface la plus courante reste l'USB 3.0, mais quelques modèles – rares et onéreux – passent par du Thunderbolt (1, 2 ou 3), une technologie sans intérêt dans ce cas. Préférez un HDD doté d'un câble amovible, pour plusieurs raisons. D'abord, ce choix vous permettra de passer sur un câble plus court ou plus long, en fonction de vos besoins. Ensuite, vous pourrez évoluer vers l'USB-C (si votre PC n'en a pas) ou brancher le disque sur n'importe quel PC, même s'il est USB-C au départ. Enfin, la connexion au disque dur peut être fragile, et perdre une sauvegarde ou des données à cause d'un câble endommagé pourrait vous énerver. Pour les performances, les disques durs actuels dépassent 100 Mo/s en lecture et en écriture et ce point ne devrait pas vous gêner. Mais si c'est le cas, tournez-vous vers un SSD. La différenciation entre les modèles viendra essentiellement du design, et ce n'est pas uniquement esthétique. Si vous êtes un baroudeur, un périphérique renforcé avec une coque en mousse peut être intéressant. Si nous vous déconseillons de fabriquer votre propre disque dur externe pour une question bassement financière (voir l'encadré), le choix de la marque peut avoir de l'importance. Il existe actuellement trois grands constructeurs : Seagate, Toshiba et Western Digital, et le dernier a la désagréable habitude d'intégrer le contrôleur USB directement sur le disque dur. En cas de casse sur la prise USB avec un Seagate ou un Toshiba, il reste parfois possible de récupérer le disque dur en le branchant en SATA dans un PC, ce qui n'est pas permis avec les WD. Enfin, méfiez-vous des modèles de plus de 3 To (notamment chez Seagate) pour des usages lourds (lancement d'applications, sauvegardes très fréquentes ou incrémentales, etc.) : ils utilisent généralement la technologie SMR, et cette dernière réduit les performances en écriture si le HDD est rempli dans certains cas (voir CPC Hardware 42). Pour du stockage froid, en revanche, le problème ne se posera pas.

Préférez un HDD doté d'un câble amovible, pour plusieurs raisons pratiques.

Certains modèles WD intègrent directement de l'USB sur le PCB, sans SATA.
Les disques durs externes Seagate peuvent atteindre 5 To en 2,5 pouces, mais en SMR.

Une histoire de taxe.

Certains conseillent d'acheter un disque dur interne et un boîtier pour réduire les coûts, en espérant éviter la fameuse rémunération pour copie privée française. Mais en pratique, vous procurer un modèle externe va être plus simple et souvent plus intéressant financièrement : malgré la redevance en question, les variantes externes valent moins cher qu'un disque dur interne seul, sans même prendre en compte le prix du boîtier. Les raisons sont multiples, la principale demeure que les volumes de ventes sont bien plus élevés sur l'externe, ce qui permet de réduire les marges.

Les modèles desktop pour les grandes capacités.

Les modèles de bureau sont en perte de vitesse, c'est une évidence : ils se retrouvent entre des versions portables de 5 To et des NAS, plus polyvalents. Les recommandations demeurent identiques : préférez un câble amovible et restez en USB 3.0 car la bande passante suffit amplement. Un bon HDD desktop restera plus rapide qu'un portable, et certains atteignent plus de 200 Mo/s, mais ce critère reste biaisé : un simple SSD externe montera bien plus haut. Dirigez-vous vers un HDD qui tourne à 5 400 tpm, les variantes 7 200 tpm sont plus bruyantes et le gain éventuel demeure limité dans un usage classique. Pour l'alimentation, préférez un modèle avec un transformateur externe et une prise standard : en cas de panne, le changement sera aisé. Actuellement, la capacité peut atteindre 16 To en 3,5 pouces, mais les disques durs externes qui dépassent 10 To utilisent aussi parfois deux disques en RAID. Nous vous déconseillons fortement ce choix : la fiabilité en prend un coup, et un NAS semble plus adapté dans ce cas de figure. Reste qu'un des avantages des modèles desktop va être l'éventuelle récupération en cas de panne : vous aurez dans tous les cas la possibilité de transplanter le disque dur dans un PC, en le branchant en SATA.

Les microSD « Endurance » (le nom varie selon le fabricant) résistent bien dans le temps, mais sont plus onéreuses qu'un SSD externe.
Dans les disques durs externes, la capacité peut atteindre 14 To.
Les SSD externes contiennent souvent un SSD classique en format « barrette », mSATA ou M.2 SATA.

La mémoire flash pour les sauvegardes ?

Les SSD externes se retrouvent dans les poches des adeptes des nouvelles technologies, spécialement depuis la mi-2019, avec des prix assez bas sur la mémoire flash. Ils offrent pas mal d'avantages sur le papier : des performances élevées (jusqu'à 1 Go/s en USB, encore plus en Thunderbolt 3), un format parfois plus compact, un coût jugé abordable. Fin février 2020, on a pu trouver des SSD de 500 Go pour moins de 100 € et les variantes de 1 To restent sous les 150 €. Pour autant, nous pensons qu'ils remplacent les clés USB et ne devraient servir que pour transporter des données facilement, pas pour des sauvegardes. Premièrement, pour des questions de capacité et de prix : les modèles de 2 To et plus valent encore assez cher. Deuxièmement, parce que la mémoire flash pose quelques soucis pour des backups pérennes. La NAND possède une durée de vie limitée et la rétention n'est pas éternelle. Si les constructeurs indiquent souvent au moins 10 ans – ce qui reste finalement peu pour des sauvegardes à long terme –, elle diminue avec l'usure de la mémoire, donc avec l'usage. Enfin, la récupération des données sur un SSD endommagé demeure compliquée. Dans la majorité des cas, entre le chiffrement et le fait que les pannes sont plus brutales que sur les HDD (voir page 73), un problème implique la perte totale des données. Nous l'avons déjà indiqué dans ce dossier, mais il semble important de le marteler : évitez soigneusement les cartes SD et clés USB pour les sauvegardes ; la fiabilité est trop faible dans le temps, notamment à cause de l'absence de gestions de l'usure (ou d'algorithmes trop basiques). Et les versions haut de gamme qui corrigent ce problème valent souvent plus qu'un SSD externe tout en offrant les mêmes soucis pour ce type d'usage.

Acheter un externe pour de l'interne ?

Petit parallèle avec l'encadré vu plus haut. Si un disque dur externe est moins onéreux qu'un interne, pourquoi ne pas acheter une version externe pour le disque qu’il contient ? L'idée peut paraître séduisante et fonctionner, mais attention : les disques durs vendus en externe ne sont pas garantis s'ils sont utilisés en dehors du boîtier. De plus, nous l'évoquons, certains modèles 2,5 pouces (notamment WD) offrent de l'USB en natif, sans SATA. Enfin, les 2,5 pouces externes sont souvent épais (12,5 ou 15 mm) et les PC portables n'acceptent que les modèles de 7 et 9,5 mm.