Laissez-moi d'abord vous expliquer une ou deux petites choses fondamentales sur les GPU Mobile. À première vue, nous n'aurez à choisir qu'entre trois modèles différents (GeForce GTX 1060, 1070 ou 1080). Il fut un temps où Nvidia abusait d'appellations commerciales trompeuses, avec des GPU « Mobile » n'ayant pas grand-chose à voir avec les versions Desktop classiques. Dans le pire des cas, elles ne faisaient même pas partie de la même génération. Cette pratique détestable semble a priori révolue : une GeForce GTX 1070 « Mobile » présente par exemple des caractéristiques très proches (nombres d'unités de calcul, bus mémoire, etc.) d'une GeForce GTX 1070 « Desktop ». À peine notera-t-on une diminution des fréquences de l'ordre de 15 à 25 %. En fait, l'arnaque est ailleurs. Ces puces Mobile consomment quasiment autant que leurs équivalents « Desktop » (et dégagent par ricochet une quantité de chaleur similaire). Or, vous imaginez bien qu'il est physiquement impossible de caser l'imposant dissipateur d'une GeForce GTX 1070 classique dans un portable. Par quelle magie les fabricants y parviennent-ils alors ? Ils n'y parviennent pas. En pratique, le GPU surchauffe très rapidement et bride sa consommation électrique en diminuant fortement sa fréquence (afin de rester sous sa température maximale). C'est ce qu'on appelle le throttle. Au final, vous achetez donc un GPU Mobile capable théoriquement d'atteindre les performances de son équivalent Desktop, mais qui ne les atteindra jamais en pratique à cause d'un système de dissipation insuffisant. Les performances réelles dépendront de la qualité de construction du portable, de sa taille et du soin apporté par le fabricant au système de dissipation. On peut donc trouver deux machines dotées du même GPU mais disposant de performances pratiques très différentes…

Certains GPU Mobile peuvent atteindre les performances de leur équivalent Desktop.

L'Asus GX501 et son clavier "gaming".

Et AMD dans tout ça ?

Eh bien, ce n'est vraiment pas fameux. Si AMD propose des CPU – et dans une moindre mesure, des GPU – compétitifs dans le segment « Desktop », il demeure quasiment absent des Mobiles. La faute à l'efficacité énergétique de ses puces, cruciale dans un PC portable mais malheureusement nettement inférieure à celle d'Intel et de Nvidia. Côté processeur AMD, on trouve péniblement une ou deux références basées sur le Ryzen 7 2700U. Celui-ci n'a d'ailleurs de « Ryzen 7 » que le nom puisqu'il s'agit en fait d'un APU Quad Core (avec SMT) doté d'un circuit graphique RX Vega comme les Ryzen 5 2400G. Les tests montrent que la dissipation thermique trop importante provoque de nombreux désagréments et des performances très moyennes. Le tableau n'est pas beaucoup plus rose en ce qui concerne les GPU Mobile. Seules deux références trouvent place dans quelques rarissimes portables : les Radeon RX 550 et RX 580. Le premier se situe environ 25 % sous une GTX 1050 alors que le second équivaut à une GTX 1060. Hélas pour AMD, dans les deux cas, ses GPU consomment nettement plus. Raison pour laquelle la situation ne devrait pas s'améliorer avant longtemps. Dommage !

Max-MonQ.

Pendant un temps, les fabricants se sont lancés dans une course ridicule à l'intégration, avec la bénédiction de Nvidia. On vit ainsi apparaître des ultraportables dotés d'une GeForce GTX 1080 tellement bridée par un minuscule ventirad qu'elle offrait à peine les performances d'une GTX 1060 en pratique. Devant cette dérive qui aurait pu finir par porter préjudice à son image, Nvidia a choisi de faire chauffer le marketing en sortant de nouvelles déclinaisons de ses GPU Mobile haut de gamme baptisées « Max-Q ». Il s'agit exactement des mêmes puces, mais bridées d'office à des fréquences réalistes, que les fabricants s'engagent à respecter. Et la différence est importante : une GeForce GTX 1080 Max-Q se limite ainsi à 1.1 GHz (de base) contre théoriquement 1.55 GHz pour la version classique. En conséquence, ce GPU peut donc s'avérer moins rapide qu'une GTX 1070 Mobile « non Max-Q » (pour peu que ce dernier prenne place dans un PC portable volumineux et bien refroidi). Vous n'y comprenez plus rien ? C'est normal. Procédons donc étape par étape. Dans tous les cas, le choix de la diagonale (17 ou 15 pouces) reste une affaire de convenance personnelle. Nous préférons les 17 pouces, mais vous êtes libre de vous abîmer les yeux sur un 13 pouces si ça vous chante. Rappelez-vous tout de même que plus la dalle est petite, moins il y a de place pour refroidir le GPU… À l'exception de quelques Alienware hors de prix, il n'existe quasiment aucun PC portable de gamer doté d'une dalle QHD (2560 × 1440). C'est bien dommage mais c'est ainsi. Vous aurez donc le choix entre du Full HD (1080p) et de l'Ultra HD (4K). Nous vous déconseillons évidemment ce dernier choix : il n'apporte rien en pratique et aucun GPU Mobile n'est capable de faire tourner des jeux en Ultra HD avec un framerate décent. La plupart des constructeurs proposent donc des dalles Full HD rapides, à 120 ou 144 Hz par exemple, bien plus adaptées au jeu. Dans ces conditions, la GeForce GTX 1080 ne sert pas à grand-chose (sauf si vous vous acharnez à trouver un modèle QHD) : elle n'est pas suffisante pour faire tourner des jeux en 4K, et une GTX 1070 suffit à faire tourner la plupart des jeux en 1080p à 100 Hz ou plus. C'est le bon compromis si vous souhaitez un PC de type « transportable », épais mais très performant. Les prix démarrent aux alentours de 1 600 euros avec une moyenne à 2 000 euros. Avec un budget plus limité, rabattez-vous sur une GTX 1060 (et limitez le niveau de détail si vous voulez atteindre des frame rates élevés). On trouve de tels modèles à partir de 1 200 euros. Enfin, si vous souhaitez vraiment un mouton à trois pattes – un ultraportable gaming –, nous vous conseillons fortement d'opter pour une GTX 1060 ou 1070 « Max-Q ». Au moins l'inévitable throttle du GPU sera limité à des minima connus…

Dans un PC portable pour gamer, il vous faut un Quad Core plus qu'un Hexa Core.

Un Alienware 17" doté d'une GTX 1070. Épaisseur : 3 cm.

CPU sauce throttle.

Lorsque vous vous intéressez au choix du processeur, rappelez-vous ceci : un Hexa Core n'a rien à faire dans un portable en 2018 (ni en 2019 d'ailleurs). La finesse de gravure 14 nm demeure tout simplement insuffisante pour permettre de caser six cœurs dans une enveloppe thermique compatible avec un PC portable. Vous obtiendrez un CPU qui s'auto-bridera pour éviter l'incendie, comme le font déjà les gros GPU. Dans un PC portable pour gamer, il vous faut donc un Quad Core. Les Core i7 Mobile de la série "U" (8565U et 8559U) peuvent être tentants pour un portable à 2 000 euros (surtout ultra fin), mais ils se distinguent finalement assez peu des Core i5 "H" Mobile (8300H/8400H). Évitez les Core i7 "H" (8850H et 8750H) hexacores. Si vous hésitez entre un Core i7 8750H et une GTX 1060, ou un Core i5 8400H et une GTX 1070 au même prix par exemple, choisissez sans hésiter la seconde proposition. Côté mémoire, 8 Go représentent évidemment le strict minimum. Au-delà de 1 500 euros (et a fortiori de 2 000 euros), 16 Go deviennent souhaitables. Côté stockage, quasiment tous les portables étiquetés « gamers » embarquent un disque dur d'1 To en plus d'un SSD de 256 Go. Certains modèles à près de 2 000 euros se contentent même d'un SSD de 128 Go ! Une véritable hérésie à l'heure où les SSD M.2 d'1 To sont disponibles pour 180 euros. N'hésitez pas à choisir la configuration la plus basique au niveau stockage (si vous utilisez un configurateur) et à acheter en même temps un SSD de 1 To que vous pourrez intégrer facilement. Inutile de dépenser une fortune dans un modèle NVMe à 350 euros : vous ne verrez pas la différence avec un simple SSD SATA vendu deux fois moins cher en pratique.
Rien à dire de particulier au niveau de la connectique, à part la présence de deux ports DP/HDMI sur certains modèles qui peuvent présenter un intérêt si vous comptez remplacer un PC de bureau. Le clavier mérite par contre toute votre attention : un portable de gamer représente à nos yeux le seul cas où un rétroéclairage par LED RGB peut présenter un intérêt. Elles permettent de localiser bien plus rapidement certaines touches sur un clavier compact. Assurez-vous tout de même que les touches soient configurables individuellement et qu'il ne s'agit pas bêtement (et uniquement) de changer la couleur de l'ensemble du clavier…