| Modifié le le 3 juin 2021
Un peu avant notre bouclage, Intel a lancé officiellement ses puces Tiger Lake, la 11e génération de Core. Et pour une fois, tout est nouveau et ça fait du bien.
Encore un nouveau nom pour les CPU.
Il y a toujours des Core i3, i5 et i7, et des chiffres. Les deux premiers, 11, indiquent la génération. Le suivant place le CPU dans la gamme (de 1 à 8 pour le moment). Ensuite, vous trouverez un 0 ou un 5, qui donnent la consommation. Les 0 sont les anciens Y (TDP de 7 à 15 W), les 5 sont les U (TDP de 12 à 28 W). La valeur varie car les constructeurs peuvent choisir le TDP en fonction du refroidissement du PC. Le dernier, comme avec Ice Lake, indique le type de GPU : G4 ou G7 (nous allons y venir). L'architecture des Tiger Lake porte le nom de Willow Cove. C'est une évolution de Sunny Cove (vous suivez ?), qui succède à Skylake. Elle ne modifie pas les unités et reprend celles de Sunny Cove (qui était 15 à 20 % plus rapide que Skylake) mais change la structure de la mémoire cache. La 10e génération possédait 512 ko de cache par cœur et un L3 de 8 Mo, la 11e passe à 1,25 Mo par cœur et à 12 Mo (au maximum) pour le L3. Ils sont maintenant exclusifs, c'est-à-dire que les données ne se retrouvent que dans un niveau, comme sur certains Xeon et dans les CPU AMD. Ensuite, Intel a optimisé le CPU pour monter largement plus haut en fréquence, avec l'aide du 10 nm SuperFin. Tiger Lake devrait monter vers 5 GHz, ce qui permet un gain assez immédiat avec le Turbo, mais pour le moment les puces annoncées se limitent à 4,8 GHz sur un cœur. C'est déjà très nettement au-delà d'Ice Lake : le plus rapide se contentait de 4,1 GHz. Enfin, Intel n'a présenté que les variantes basse consommation avec deux (quelques Core i3) ou quatre cœurs, mais des versions avec six ou huit (et un TDP plus élevé) sont attendues cette année.De l'IA dans les CPU.
Avec Tiger Lake, Intel met en avant une fonction apparue avec Ice Lake dans les CPU grand public : DL Boost. L'idée est d'accélérer les traitements liés à « l'intelligence artificielle » avec des instructions dédiées. C'est un peu du buzzword, mais les instructions AVX512 VNNI permettent des gains intéressants sur les applications qui utilisent des réseaux de neurones et Intel a la force de frappe nécessaire pour que les développeurs suivent cette voie plutôt que de s'orienter vers des accélérateurs ou des GPU.
Un GPU plus complet, en attendant la version dédiée.
Depuis quelques années, Intel muscle sa partie graphique et les Tiger Lake intègrent la 12e génération de GPU, qui porte le nom de Xe-LP. La 11e, sortie avec Ice Lake, amenait déjà des gains assez impressionnants par rapport à la 9e - les Intel HD 6x0 - mais Intel annonce encore une fois une augmentation substantielle des performances. Pour rappel, la 10e génération n'existe pas vraiment. Elle devait être intégrée aux CPU Cannon Lake, les premiers gravés en 10 nm, mais Intel a sorti la puce en catimini (dans un NUC) et la partie graphique ne fonctionnait pas. Plusieurs raisons expliquent les avancées. La première vient du fait que le GPU passe à 96 unités (en G7 dans un Core i7, 80 dans un Core i5) contre 64 avec Ice Lake. La seconde de la fréquence : Intel annonce une valeur maximale de 1 650 MHz (1 350 MHz dans les puces lancées), contre au mieux 1,1 GHz en Ice Lake. Enfin, Tiger Lake supporte la mémoire DDR4-3200 (en barrette) et la LPDDR4X 4266 (soudée sur la carte mère) et – à terme – la LPDDR5. Intel explique que le GPU permet de jouer en 1080p dans des jeux compétitifs, et montre évidemment que le Xe dépasse le GPU Vega 7 des AMD Ryzen 4000G et la carte graphique dédiée MX350 de Nvidia (basée sur un antique GP107 sorti en 2016). Nous le vérifierons dans les tests, mais les gains semblent intéressants pour ceux qui veulent jouer un peu. Au-delà des performances, le GPU supporte aussi les technologies modernes tel le DisplayPort 1.4 ou le décodage de l'AV1. Point important, l'usage du nom Intel Xe implique de la mémoire en dual channel : vous ne devriez plus retrouver des GPU bridés par une seule barrette de DDR4-2666 comme actuellement. Enfin, Intel n'a pas donné beaucoup de détails, mais un GPU dédié (DG1) devrait débarquer d'ici la fin de l'année dans les PC portables, pour augmenter encore un peu plus les performances.
Beaucoup de fonctions annexes.
En 2020, une puce pour les PC portables ne se limite pas à un CPU et un GPU. Intel intègre plusieurs choses, dont le Thunderbolt 4 (et l'USB 4, c'est lié). Cette nouvelle version ne va pas plus vite que le Thunderbolt 3 (on reste à 40 Gb/s) mais oblige les constructeurs à gérer la vidéo complètement (avec deux écrans 4K) ainsi que quatre lignes PCI-Express ; vous n'aurez donc plus la surprise d'une bande passante divisée par deux comme dans certains ultraportables. De plus, Intel a aussi ajouté du PCI-Express 4.0 au niveau du CPU, avec uniquement quatre lignes : Intel vise explicitement les SSD NVMe, qui peuvent atteindre ~7 Go/s. Le PCH (le chipset), gravé en 14 nm et présent sur le même die, offre du Wi-Fi 6 en CNVi (une technologie qui déplace une partie de l'électronique dans le CPU), avec des gains annoncés (sans détails) ainsi que les E/S classiques (USB 3.2 à 10 Gb/s, SATA, etc.). Pour conclure, Tiger Lake devrait amener des choses intéressantes dans les PC portables, dont des gains en performances. Reste que nous n'avons pas encore pu voir les PC en action, et vérifier si le 10 nm SuperFin tient ses promesses. Et nous attendons aussi évidemment la seconde vague de Tiger Lake, qui proposera plus que quatre cœurs et permettra de remplacer les Comet Lake. Stay tuned.Evo, ne m'appelez pas Ultrabook.
Avec Intel a aussi présenté une certification, à la manière de Centrino ou du label Ultrabook. Les PC portables Evo (anciennement projet Athena) devront intégrer du matériel précis (écran 1080p, plateforme Tiger Lake, SSD de 256 Go, RAM en dual channel, etc.) et répondre à certaines contraintes plus concrètes, comme une sortie de veille rapide et une autonomie élevée. Il s'agit d'une voie souvent choisie par Intel pour forcer les fabricants à intégrer correctement les puces, même si le prix s'en ressent évidemment généralement.