Prix : 660 € (prix indicatif)
GPU : AD104
Configuration : 5 888 unités de calcul
Mémoire : 12 Go, GDDR6X, bus 192 bits
Tandis qu’AMD ne semble décidément pas pressé d’enrichir son offre de cartes graphiques RDNA 3, Nvidia déroule tranquillement ses plans et lance une nouvelle déclinaison du GPU AD104, qui équipait déjà la 4070 Ti, et reprend du service pour la 4070 « tout court ». Réutilisant le bus mémoire 192 bits de sa grande sœur, la 4070 embarque 12 Go de mémoire GDDR6X (pour une bande passante totale de 21 Gb/s) et s’articule autour d’un processeur graphique amputé d’un de ses cinq clusters (GPC) et de deux Stream Multiprocessors. On ne trouve « que » 5 888 cœurs CUDA, contre 7 680 pour la déclinaison complète de l’AD104, et 184 unités de texturing sur les 240 de la puce complète. Ce bon coup de tronçonneuse se traduit par une perte d’environ 25 % de la puissance de calcul et de filtrage brute de la puce.
Le prix s’en ressent fort heureusement : le tarif de base s’établit cette fois à 659 € (et s’applique au modèle « Founders Edition » que Nvidia daigne bien proposer cette fois), au lieu des 899 € demandés au strict minimum pour la RTX 4070 Ti. L’efficacité énergétique de l’architecture Ada permet par ailleurs de ramener cette RTX 4070 à un niveau de consommation enfin raisonnable, ce qui se traduit par un TGP annoncé de 200 W. Cela ouvre la porte à des cartes aux ventirads plus compacts, et permet de bien nourrir la carte avec une « simple » alimentation de 600 W. On apprécie aussi d’économiser un peu sur sa facture d’électricité, et d’éviter de voir sa machine se transformer en chauffage d’appoint (l’été arrive). Les nouveautés fonctionnelles de la gamme Ada sont bien entendu de la partie, notamment l’encodage AV1 matériel et la prise en charge du DLSS 3 avec génération de trames.

À hauteur d’une RTX 3080.

Notre carte de test est la RTX 4070 Windforce de Gigabyte, un modèle vendu sans « surtaxe », trouvable à son lancement au prix recommandé par Nvidia (659 €). Son court PCB est équipé d’un connecteur d’alimentation PCIe 8 broches « à l’ancienne », plutôt que le fameux connecteur 12VHPWR ; pas besoin donc d’un adaptateur ou d’une alimentation ATX 3.0. Le système de refroidissement occupe un peu plus de deux slots et embarque trois ventilateurs de 85 mm ; c’est donc toujours une carte relativement volumineuse (voir encadré). Comme c’est l’usage désormais, la backplate est ajourée en bout de carte, ce qui permet un flux d’air bien plus direct et efficace au niveau du dernier ventilateur. Pas de fioritures esthétiques, ni même de RGB : le design est simple et sobre. Notre configuration de test est celle que nous utilisons pour tous nos tests de GPU depuis décembre dernier, à savoir une plateforme bâtie autour d’un Ryzen 7 5800X3D (largement suffisant pour ne pas limiter les performances de la carte en 1440p) et 32 Go de DDR4 à 3200 MHz. Comme de coutume, Windows 11 et les pilotes graphiques sont à jour.

En 1440p, les performances de la carte ne sont pas vraiment loin de celles affichées par l’ancien très haut de gamme de génération Ampere : une RTX 3090 n’est que 9 % plus véloce en moyenne dans cette définition, ray tracing activé ou non. Une prestation plus que convaincante compte tenu d’une consommation qui ne dépasse que rarement les 195 W sous le benchmark synthétique Timespy. En Ultra HD (2160p), les choses se gâtent un peu : alors que la RTX 4070 Ti pouvait encore se payer le luxe d’égaler voire dépasser la RTX 3090 dans de nombreux titres, les coupes effectuées au sein de cette variante amaigrie de l’AD104 commencent à se faire sentir. Il faut souvent oublier le ray tracing dans cette définition, à moins de recourir à la génération de trames du DLSS 3 (à condition que le jeu soit compatible, bien sûr).

Un bon vent frais

Le relatif embonpoint de la Gigabyte RTX 4070 Windforce, malgré la consommation énergétique plutôt sobre du GPU, aboutit fort heureusement à un refroidissement à la fois efficace et silencieux. Son système semi-passif n’émet pas un son lorsque la carte est au repos. En charge, boîtier fermé et par 25 °C de température ambiante, le GPU ne dépasse pas les 63 °C, pour une ventilation oscillant entre 1100 et 1550 tr/min – et qui reste donc bien assez discrète pour ne pas se faire remarquer.

Rapport performances/prix enfin en progression.

D’un point de vue strictement technique, notre avis sur la RTX 4070 est très positif : performances équivalentes au précédent haut de gamme, prise en charge des dernières fonctionnalités, enveloppe thermique très raisonnable… Il s’agit dans l’absolu d’une carte qui coche toutes les cases pour jouer en 1440p de façon très confortable. Elle aurait même été un vrai coup de cœur si elle s’était appelée RTX 4060 Ti, avec une tarification à l’avenant. Mais après la 4070 Ti, il n’était que logique pour Nvidia de nommer « 4070 » cette variante sabrée de l’AD104. En l’état, on se réjouit au moins de voir enfin un rapport performances/prix en progression par rapport à la génération Ampere.

Il faut pourtant bien constater que dans l’absolu, à 660 €, la RTX 4070 est toujours un produit de luxe. Et aussi qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, entre les prochaines annonces de cartes RDNA 3 qui se font désespérément attendre chez AMD et les bons plans sur la génération Ampere/RDNA 2 qui deviennent très rares à mesure que les stocks s’épuisent, la 4070 n’a aucune concurrente. Si vous aviez sauté la génération précédente et ressentez un vrai besoin de remplacer votre ancienne carte de « milieu de gamme », c’est donc l’option la plus rationnelle.

Notre avis

Neji le 16 mai 2023

| Modifié le le 30 mai 2023

Oui, la lignée RTX 40 est toujours hors de portée de nombreux joueurs, et l’on regrette encore le temps pas si lointain où un chèque de 700 € permettait largement de s’offrir du très haut de gamme. Cependant, la RTX 4070 est dans l’absolu un bon produit, sobre et performant, qui profite de l’absence de véritable concurrence pour s’imposer.
8 / 10