Créateur : Charlec Couronnaud
Illustrateurs : Ann et Seb
Éditeur : Multivers
Nombre de joueurs : 2 à 5
Nombre de joueurs optimal : 5
Durée : moins d’une heure
Complexité : accessible
Surface de jeu recommandée : table de salon
Prix : 40 €
| Modifié le le 11 novembre 2022
« C’est en l’an 1764 que la bête apparut sur nos terres et les fit siennes. Un an plus tard, sa renommée dépassait les frontières de notre province et l’on commençait à penser que nul mortel n’en viendrait jamais à bout. Sous ses assauts, le pays de Gévaudan s’enfonçait peu à peu dans les ténèbres. »
Jacques Perrin, Le Pacte d’ackboo (2001).
Vénerie vénère.
Journal d’ackboo, printemps. Ils sont presque sur moi. Je sens le souffle chaud de ces horribles êtres, « les poseurs de pions ». Je les hais, encore plus que je hais les gens. Leur présence m’insupporte autant qu’elle m’excite, car je me joue d’eux. Je les laisse discuter et se positionner. Je me gausse, ils sont si prévisibles ! En suivant les traces de mon parcours sanglant, et en essayant de prendre en compte la distance que je peux parcourir sur mon scooter, ils pensent pouvoir deviner l’étape que j’ai choisie et s’y rendre, pour m’empêcher d’y effectuer un nouveau carnage. Les niais.Il est fort l’animal ! Sa haine est palpable, son courroux terrifiant.
Trappeurs sur la ville.
Notes de chasse d’Unt', Tisseur, Kahn et Perco, été. Il est fort l’animal ! Sa haine est palpable, son courroux terrifiant. Il est notre proie, ne peut pas nous faire de mal directement (la couardise sans doute) et pourtant, c’est nous qui serrons régulièrement les fesses. S’il s’arrête là où aucun d’entre nous ne se trouve pour le canaliser, c’est l’horreur. Parfois, il fuit. Parfois, il nous nargue en resserrant son périmètre de chasse. Nous avons une carte, autour de laquelle nous débattons. Vu sa dernière position, va-t-il filer droit vers le gymnase Jacques Secrétin de Malakoff ou bifurquer pour incendier un café-jeu de Joinville-le-Pont ?
Pistage mûr.
Journal d’ackboo, automne. Mon bluff a fonctionné. J’ai utilisé un « pouvoir » pour ça. J’en ai plusieurs, selon la voix qui parle dans mon crâne, pas vous ? Celui-ci me permettait de me déplacer encore plus loin. Du coup, je suis fatigué et je n’ai plus trop la force de faire des dégâts. Au mieux de ma forme, j’arrive à dégommer cinq trucs, des boîtes ou des – comment ils disent ces malades ? – « mipeuuules », bref, tous ces machins de dégénérés. Je les considère comme mes trophées, mes victimes. Là, je vais juste cramer un paquet de cartes et ça ira bien. J’ai laissé une trace – en l’occurrence j’ai craché un molard sur l’un de leurs sacs –, ils vont envoyer l’un d’entre eux la vérifier, le moche là, celui qui est justement spécialisé. La plupart du temps je suis discret ; si je n’utilise pas le pouvoir associé, ils ne savent pas quelle voix est sous la marque que je laisse et doivent décider qui envoyer au pif, ou selon celui qui n’est pas trop loin. Faut pas que j’abuse non plus. Si ces débiles en identifient trop correctement, je l’aurai dans l’os.Je vais aller chier sur leurs pompes, tiens.