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Il aura donc fallu attendre cinq ans pour pouvoir bouger la barre des tâches.
Je n'attendais donc plus rien de Microsoft qu'une série de mises à jour pourries, rajoutant des pelletées de bouses sur un système d'exploitation vérolé par la pub, l'IA et cinq années de choix stupides concernant chaque centimètre carré de son interface. Et puis... un miracle ? C'est encore trop tôt pour le dire, mais courant mars est apparu sur le site du géant américain un long message intitulé « Notre engagement pour un Windows de qualité ». On dirait un slogan de supermarché, et pourtant, ce texte a fait grand bruit. Car Pavan Davuluri, vice-président de la branche Windows, y annonce dès le troisième paragraphe un revirement à peine croyable : il va être enfin possible de changer la position de la barre des tâches. Voire de réduire un peu son épaisseur. Microsoft nous expliquait jusque-là que seule une infime proportion de leurs utilisateurs voulaient cette fonction. Et que c'était pénible à coder. Et que si on n'était pas content, c'était le même tarif. Cela m'avait rendu fou. Que s'est-il donc passé ?
La nouvelle feuille de route de Microsoft se lit presque comme les aveux d'un criminel.

G changé bb

En lisant la suite du message, on se rend compte qu'il a dû y avoir des réunions houleuses et des remontées de bretelles du côté de Redmond. Les développeurs de Windows avouent enfin que leur produit a des problèmes, et promettent même des solutions. Vous trouvez que l'Explorateur de fichiers est devenu lent au démarrage et qu'il est pénible d'y naviguer ? Ils sont d'accord et jurent qu'ils vont améliorer la situation. Les vieilles boîtes de dialogues héritées de Windows 95 vous crèvent les yeux ? Elles vont dégager et même être adaptées au thème « Sombre ». Copilot vous emmerde ? Ils vont se calmer sur son intégration, et même rapidement le supprimer des applications Photos, Widgets, Notepad et Sniping Tool. Vous en avez ras le bol d'être interrompu par des messages de mise à jour ? Ils nous garantissent un Windows 11 plus calme, avec des notifications plus discrètes et paramétrables. J'en ai le vertige. Et puisque l'ambiance de la soirée est festive, Microsoft s'engage aussi à améliorer la consommation de RAM, la rapidité et la stabilité du système, la phase d'installation, et même à enfin passer ses applications sous WinUI3, ce qui aurait dû être fait il y a une bonne décennie.

On devine que Microsoft sent le souffle chaud de Linux sur sa nuque fragile.

En fait, cette déclaration m'a fait penser à un SMS du genre : « chéri j'ai dekoné pardon revien jtm bb tu me manq tro » avec six emojis cœur à la suite. On devine que Microsoft sent le souffle chaud de Linux sur sa nuque fragile, et qu'après avoir fait n'importe quoi pendant des années, il tente de nous dire qu'il a changé. OK, pourquoi pas. Nous devrions voir le résultat de ces efforts dans les mises à jour des prochains mois. Sauf si, bien sûr, elles refusent de s'installer sur certains PC et que Microsoft doit les retirer en catastrophe, comme c'est encore arrivé fin mars.