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Genre : roguelite
Développeur : Red Hook Studios (Canada)
Éditeur : Red Hook Studios
Plateforme dispo : Windows
Téléchargement : 4 Go
Date de sortie : 08/05/2023
Langues : anglais sous-titré en français
Prix : 39 € (Steam), 36 € (EGS)
Le monde n'existe plus. Les forces du néant, jusqu'alors cantonnées à quelques donjons autour du manoir de l'ancêtre, ont fini par s'échapper et ravager l'univers entier. Et le pire dans tout ça, c'est que vous y êtes sans doute pour quelque chose. Alors, accompagné de quatre héros, dans une caravane affublée d'une torche qui n'arrache à l'obscurité que quelques mètres devant elle, dernier espoir de l'humanité, vous allez traverser les ruines du monde à la recherche d'un moyen de réparer votre faute et, peut-être, du salut.
Les restes d'animaux mutants peuvent être offerts aux commerçants en échange de réductions sur leur marchandise. La même technique fonctionne auprès de certains fast-foods du nord de Paris.
Chaque run commence par le choix d'un acte. Au nombre de cinq (dont trois étaient déjà disponibles dans l'accès anticipé) de difficulté croissante, ils fonctionnent tous plus ou moins de la même façon : après avoir traversé un certain nombre de zones choisies aléatoirement, le groupe (ou ce qu'il en reste) doit vaincre un boss dont la mort débloquera l'accès à l'acte suivant en plus de rapporter quelques bougies – lesquelles servent à débloquer des améliorations pour le run suivant. Car Darkest Dungeon 2, c'est là la principale nouveauté, est désormais un roguelite tout ce qu'il y a de plus classique. Au terme de chaque partie, tout ou presque est remis à zéro, mais on gagne accès à de nouveaux objets, ainsi qu'à des améliorations des personnages et de la carriole qui rendront les prochaines aventures moins rudes.

Les chiens de Tindalos aboient…

Troquer la structure très originale du premier jeu pour une mécanique de progression plus classique peut sembler, à première vue, une régression. C'est tout le contraire. Déjà parce que la progression est beaucoup, beaucoup plus fluide et agréable que dans le premier épisode, dont le grind (même avec le mode « radiant ») était parfois à la limite du supportable. Mais surtout parce que cela permet à Darkest Dungeon 2 d'être bien plus contenu, structuré, épuré que son ancêtre. Chaque run se résume à une série de choix : de personnages, de compétences, de positionnement (l'ordre des combattants est toujours crucial), de chemins qu'on choisit de prendre durant notre folle chevauchée. Lors des combats aussi, chaque décision pèse. Fini les jets d'attaque augmentés ou abaissés de quelques pourcents, place à un système de statuts qui donne à chaque compétence un poids immense : double dégâts lors de la prochaine attaque, 50 % de chance de rater sa cible ou d'esquiver son attaque… Chaque usage d'une compétence, chaque action de l'adversaire, a un sens, un effet immédiatement lisible, peut encore plus que dans le premier épisode faire basculer tout le combat (et tout le run) vers le triomphe ou la catastrophe.

Ne prenez pas soin de votre équipe et les tensions vont monter dans la caravane.

Darkest Dungeon 2, comme peu de jeux avant lui (allez, citons Celeste et The Binding of Isaac), parvient à établir une synergie parfaite entre mécanismes, récit et mise en scène. Déjà, bon, tout est magnifique. Les animations des combats, désormais en 3D, sont d'une beauté infernale et regorgent de détails. Mais surtout, chaque run prend la portée d'une tragédie, à la fois au sens antique et au sens humain. On se lance, dernier espoir de l'humanité, tentant de préserver la flamme de l'espoir (plus elle brille, plus les héros bénéficient d'avantages, sachant qu'il est possible de changer le type de flamme dont est équipée la calèche pour bénéficier d'un run plus facile ou plus ardu) à travers un monde dévasté. Alors que le stress et la fatigue s'accumulent, la nouvelle mécanique de relations entre en jeu. Ne prenez pas soin de votre équipe et les tensions vont monter dans la caravane, ses membres finiront par se haïr, ce qui compliquera énormément votre tâche. Imaginez par exemple que l'un des héros, jaloux de la compétence d'un autre, souffre d'un malus chaque fois qu'il le voit l'utiliser : l'affaire va devenir ardue.

… la caravane passe.

À l'inverse, si vous prenez soin de votre bande de marginaux (tous les personnages ont des histoires tragiques et assez intéressantes, que l'on découvre au fil du jeu en débloquant peu à peu leurs capacités), ils se serreront les coudes. Commenceront à s'admirer, reprendront espoir, parfois tomberont amoureux. Alors ils redoubleront d'efforts face aux ténèbres, inspirés par les prouesses de leurs compagnons d'armes. Se jetteront sur l'ennemi pour défendre l'élu de leur cœur. Et s'exclameront, à la vue d'un régiment de cultistes difformes et tentaculaires qui aurait terrifié un groupe moins uni : « Comme ils paraissent frêles à côté de nous, quand nous marchons côte à côte. »

Darkest Dungeon 2 n'est pas parfait. Son interface est parfois trop chargée, son bestiaire un peu répétitif, le nombre de biomes différents assez maigre. Mais peu de jeux m'ont autant rivé à mon siège, impliqué dans chaque tour de combat, fait crier « yes !! » après que mon lépreux a décapité un squelette d'un coup d'épée, réjoui à la fois d'un bon jet de dé dans un jeu où le moindre faux pas peut tout faire basculer, mais aussi de voir l'humanité unie triompher du désespoir. Darkest Dungeon 2 nous rappelle que nos choix, les nôtres, ceux de nos héros, ceux qui ont conduit à la fin du monde, nous engagent, comptent, mais que ce sont les nôtres. Et pour des moments pareils, je suis prêt à tout lui pardonner.

Notre avis

Agar le 8 mai 2023

| Modifié le le 10 mai 2023

Devenu un roguelite plus traditionnel, Darkest Dungeon 2 aurait pu perdre ce qui faisait le charme du premier épisode. Bien au contraire : plus épuré mais aussi stressant, avec des règles et des mécanismes encore améliorés, il le surpasse en tous points.