Développeurs : Electronic Arts (États-Unis), EA Vancouver (Canada), EA Romania (Roumanie)
Éditeur : Electronic Arts
Plateformes dispo : Windows, PS4/5, Xbox One/Series, Switch, Stadia
Plateforme test : Xbox Series
Téléchargement : 32 Go
Date de sortie : 01/10/2021
Langue : français
Prix : 45 € (PC) / 65 € (consoles)
Connexion online obligatoire.
| Modifié le le 18 octobre 2021
Je peux bien vous l’avouer : après une semaine à jouer à Fifa 22 comme un altermondialiste, j’ai failli craquer. Le point de bascule ? Un match en ligne que je maîtrisais parfaitement jusqu’à la mi-temps : 2-0, 64 % de possession, contrôle de la balle au milieu de terrain, ça coulisse bien sur les ailes. En tailleur sur mon canapé, j’inspire, j’expire, tout est sous contrôle. Et puis le mec en face, un certain Freddy888, fait rentrer Romeo Lukaku, qui m’en plante trois fois de suite. Score final : 3-2. Je pose calmement la manette sur la table basse, et me précipite dans l’entrée de mon appartement. Je reviens avec ma carte bleue, et clique sur l’onglet « Boutique » du mode Fifa Ultimate Team.
100 patates.
La réalité l’est un peu moins : il est bien sûr possible de jouer, et même de progresser, sans payer. Mais il faudra alors accepter, et ce pendant plusieurs semaines, de se faire rouler dessus par des adversaires qui ne savent pas aligner deux passes mais ont tous les meilleurs joueurs de Premier League, pendant que vous vous acharnez avec des joueurs moyens de Ligue 1. Les joueurs pros, qui streament chaque week-end leurs exploits sur Twitch, ne le cachent pas : pour prétendre se battre avec les meilleurs dans ce jeu, il faut mettre au moins 1 000 balles au départ. Rien que ça. Pour eux, pas de problème, ils sont soutenus financièrement. Pour tous les autres, qui auraient envie d’en être aussi, le choix est plus cornélien : jouer pendant des semaines à un jeu très frustrant, ou faire chauffer la carte bleue pour progresser (beaucoup) plus rapidement. Bruce Grannec, deux fois champion du monde sur Fifa entre 2009 et 2013, à une époque où FUT n’existait pas encore, expliquait récemment dans une vidéo toute la perversité de ce système : « Moi à la base, quand j’ai commencé dans les jeux de foot, j’avais 0 euro et j’ai eu la chance de participer à des compétitions ouvertes à tout le monde, où il n’y avait pas un avantage d’équipe… » Comprendre : dans le monde d’aujourd’hui, Bruce Grannec ne serait jamais devenu champion du monde (et n’aurait même pas pu accéder au top 100).
« Oh oui Greg, il la sort. »
Une situation d’autant plus regrettable que Fifa 22 n’est pas un mauvais jeu de foot, quand on l’isole de tout ce bordel mercantile. Contrairement à l’année dernière, il n’est plus possible de traverser tout le terrain avec un seul joueur pour marquer, ce qui est déjà une bonne chose en soi. Manette en main, on a aussi la surprise de constater que les défenseurs peuvent (parfois) prendre le dessus sur les attaquants. Graphiquement, le passage à la next-gen ne saute pas aux yeux, mais en termes de gameplay, l’ensemble est donc plus équilibré, propice à la construction, et moins stéroïdé que les précédentes versions. Même les gardiens ont retrouvé des forces (parfois même un peu trop). Le souci, c’est que toutes ces bonnes résolutions risquent de voler en éclat à la première grosse mise à jour du jeu. C’est la règle depuis plusieurs années sur le titre phare d’EA Sports : plus ou moins agréable à jouer les premières semaines, le jeu se dérègle au fur et à mesure de la saison, et ce qui ressemblait vaguement à une simulation de foot au départ se transforme progressivement en un jeu 100 % arcade, plus proche d’Adidas Power Soccer que de Pro Evolution 5 (encore tenu comme LA référence aux yeux de nombreux puristes). C’est peut-être l’âge, mais un curieux sentiment m’a plusieurs fois envahi en jouant à ce Fifa 22 : la nostalgie des jeux de foot d’avant. Où il ne me serait jamais venu à l’esprit de piquer un sprint jusqu’à l’entrée de mon appartement pour arracher ma carte bleue à mon portefeuille.Mise à jour le 18/10/2022: Nous avons précisé qu'une connexion online est obligatoire pour jouer, ainsi que le statut des versions PS4, Xbox One et PC.
eFootball
Après un an d’absence, PES revient sous le nom de eFootball, et sous la forme d’un jeu free-to-play qui ne ressemble à rien, et ferait presque passer le lancement de Cyberpunk 2077 pour quelque chose de remarquable. Bugs dans tous les sens, graphisme indigne, gameplay encore plus mou que Bruce Toussaint (celle-là est gratuite aussi) : eFootball, qui semble avoir tout piqué à FUT, et dont une version plus complète est attendue pour le mois de novembre, semble aussi avoir fait le pari de racketter le joueur, mais avec un jeu tout à fait nul pour l’instant. Osé.