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Genre : football
Développeurs : Electronic Arts (États-Unis), EA Vancouver (Canada), EA Romania (Roumanie)
Éditeur : Electronic Arts
Plateformes dispo : Windows, PS4/5, Xbox One/Series, Switch, Stadia
Plateforme test : Xbox Series
Téléchargement : 32 Go
Date de sortie : 01/10/2021
Langue : français
Prix : 45 € (PC) / 65 € (consoles)

Connexion online obligatoire.
La dignité est un vieux souvenir, je suis désormais prêt à m’en mettre pour 50 balles de points Fifa, qui me permettront moi aussi d’avoir une équipe compétitive, là maintenant tout de suite (plutôt que d’attendre des semaines en me pliant sagement aux règles du jeu). Je rentre les trois chiffres au dos de ma carte bancaire. Au moment de valider mon achat, un message d’erreur s’affiche. Pour une raison que j’ignore, Microsoft ne veut pas valider mon paiement. J’inspire, j’expire, j’éteins la console. Je l’ai échappé belle. Pour celles et ceux qui n’ont aucune idée de quoi je parle, je me suis lancé cette saison dans le mode Ultimate Team (FUT) de Fifa, sur lequel Electronic Arts mise énormément depuis quelques années. Pas tout à fait un hasard : en 2021, un tiers des revenus d’EA provenaient directement des modes Ultimate Team de ses jeux de sport, Fifa largement en tête, devant Madden. Le principe de cette véritable machine à cash, sur laquelle les pouvoirs publics commencent à se pencher ? Composer le onze de ses rêves, en alignant des joueurs de même nationalité, ou issus du même championnat (ou les deux) pour assurer un bon équilibre entre individualités et collectif. Sur le papier, la promesse est belle : monter sa propre équipe, et affronter chaque week-end les meilleurs joueurs du monde depuis son canapé, via le mode FUT Champions.

100 patates.

La réalité l’est un peu moins : il est bien sûr possible de jouer, et même de progresser, sans payer. Mais il faudra alors accepter, et ce pendant plusieurs semaines, de se faire rouler dessus par des adversaires qui ne savent pas aligner deux passes mais ont tous les meilleurs joueurs de Premier League, pendant que vous vous acharnez avec des joueurs moyens de Ligue 1. Les joueurs pros, qui streament chaque week-end leurs exploits sur Twitch, ne le cachent pas : pour prétendre se battre avec les meilleurs dans ce jeu, il faut mettre au moins 1 000 balles au départ. Rien que ça. Pour eux, pas de problème, ils sont soutenus financièrement. Pour tous les autres, qui auraient envie d’en être aussi, le choix est plus cornélien : jouer pendant des semaines à un jeu très frustrant, ou faire chauffer la carte bleue pour progresser (beaucoup) plus rapidement. Bruce Grannec, deux fois champion du monde sur Fifa entre 2009 et 2013, à une époque où FUT n’existait pas encore, expliquait récemment dans une vidéo toute la perversité de ce système : « Moi à la base, quand j’ai commencé dans les jeux de foot, j’avais 0 euro et j’ai eu la chance de participer à des compétitions ouvertes à tout le monde, où il n’y avait pas un avantage d’équipe… » Comprendre : dans le monde d’aujourd’hui, Bruce Grannec ne serait jamais devenu champion du monde (et n’aurait même pas pu accéder au top 100).

« Oh oui Greg, il la sort. »

Une situation d’autant plus regrettable que Fifa 22 n’est pas un mauvais jeu de foot, quand on l’isole de tout ce bordel mercantile. Contrairement à l’année dernière, il n’est plus possible de traverser tout le terrain avec un seul joueur pour marquer, ce qui est déjà une bonne chose en soi. Manette en main, on a aussi la surprise de constater que les défenseurs peuvent (parfois) prendre le dessus sur les attaquants. Graphiquement, le passage à la next-gen ne saute pas aux yeux, mais en termes de gameplay, l’ensemble est donc plus équilibré, propice à la construction, et moins stéroïdé que les précédentes versions. Même les gardiens ont retrouvé des forces (parfois même un peu trop). Le souci, c’est que toutes ces bonnes résolutions risquent de voler en éclat à la première grosse mise à jour du jeu. C’est la règle depuis plusieurs années sur le titre phare d’EA Sports : plus ou moins agréable à jouer les premières semaines, le jeu se dérègle au fur et à mesure de la saison, et ce qui ressemblait vaguement à une simulation de foot au départ se transforme progressivement en un jeu 100 % arcade, plus proche d’Adidas Power Soccer que de Pro Evolution 5 (encore tenu comme LA référence aux yeux de nombreux puristes). C’est peut-être l’âge, mais un curieux sentiment m’a plusieurs fois envahi en jouant à ce Fifa 22 : la nostalgie des jeux de foot d’avant. Où il ne me serait jamais venu à l’esprit de piquer un sprint jusqu’à l’entrée de mon appartement pour arracher ma carte bleue à mon portefeuille.

Mise à jour le 18/10/2022: Nous avons précisé qu'une connexion online est obligatoire pour jouer, ainsi que le statut des versions PS4, Xbox One et PC.

eFootball

Après un an d’absence, PES revient sous le nom de eFootball, et sous la forme d’un jeu free-to-play qui ne ressemble à rien, et ferait presque passer le lancement de Cyberpunk 2077 pour quelque chose de remarquable. Bugs dans tous les sens, graphisme indigne, gameplay encore plus mou que Bruce Toussaint (celle-là est gratuite aussi) : eFootball, qui semble avoir tout piqué à FUT, et dont une version plus complète est attendue pour le mois de novembre, semble aussi avoir fait le pari de racketter le joueur, mais avec un jeu tout à fait nul pour l’instant. Osé.

Notre avis

Roberto Larcos le 13 octobre 2021

| Modifié le le 18 octobre 2021

Si l’on met de côté le fait que le mode de jeu (de loin) le plus intéressant est aussi celui qui pousse le plus à l’achat, cette cuvée 2022 de Fifa s’avère plutôt satisfaisante, manette en main, avec un gameplay remanié, qui donne sa chance à celles ou ceux qui aiment le beau football. En attendant la première mise à jour, qui pourrait définitivement faire basculer ce Fifa 22 du côté obscur de la force… Notez que pour les joueurs sur PS4, Xbox One ou PC, ce Fifa 22 ne sera qu'un Fifa 21,5 : les améliorations côté graphismes et animations (vendues sous le terme « Hypermotion ») sont réservées aux consoles « Next-Gen ».