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Jeu: Gorogoa
Genre: beau et malin
Developpeur: Jason Roberts (États-Unis)
Editeur: Annapurna Interactive
Plateformes dispo: PC Windows, iOS, Switch
Plateforme test: PC Windows
Config: n'importe quel PC
Telechargement: 460 Mo
Drm: Steam ou aucun sur Gog
Date de sortie: 14/12/2017
Prix: 15 €
Gorogoa est aussi simple à prendre en main que complexe à expliquer. Je vais tenter de vous en exposer le fonctionnement, et tout ce qui en sortira ne pourra être qu'un texte maladroit, balourd, pataud en regard de ce qu'il décrit. Regardez, déjà mes mots et moi peinons : « fonctionnement », comme s'il s'agissait d'une bicyclette, d'un moulin à légumes ou d'un quelconque mécanisme. Alors qu'on entre ici dans le domaine de la magie, de la dentelle et d'une piscine de bonheur limpide. Allez, de l'horlogerie de précision si vous y tenez, de la montre à complication. Imaginez quatre cases de bande dessinée. C'est ce à quoi ressemble Gorogoa. Vous serez le plus souvent libre de vous déplacer à l'intérieur de chaque image, vers la gauche ou la droite, le haut ou le bas, de vous approcher d'un détail et de prendre du recul. Parmi vos quatre cases, il n'est pas rare qu'une au moins reste vide. C'est bien pratique, cela vous permet de dédoubler les images : vous allez détacher le premier plan de l'arrière-plan, le cadre de la photo, la fenêtre de la vue. Vous obtenez alors deux nouvelles cases : d'un côté une image trouée, un peu comme dans les albums jeunesse, et la possibilité de vous promener dans le monde de la photo de l'autre. Vous pouvez encadrer le paysage de la troisième, pour qu'il devienne un cliché que verra le personnage. Proposer à ce dernier un autre paysage à admirer depuis sa fenêtre. Vous pouvez aussi déplacer les images les unes par rapport aux autres. Créer des continuités là où il n'y en avait pas. Entre une voie de chemin de fer et une treille, entre le fanion d'un bâtiment et un tissu ornemental.

Transe Gorogoa.

Le résultat de ces menues manipulations, c'est un jeu d'énigmes qui fonctionne comme un rêve. Les règles habituelles de l'espace et du temps sont abolies. En superposant les images vous superposez des réalités, en créez de nouvelles, et l'histoire se déroule ainsi, à cheval sur deux mondes, dans un perpétuel voyage entre deux dimensions. Vous n'en aurez pas pour très longtemps. Une heure et demie ou deux heures peut-être. Gorogoa n'a qu'une seule histoire à raconter, un seul début, une seule fin et un seul chemin pour relier les deux. Mais après l'avoir terminé, il est difficile de résister à la tentation de le relancer aussitôt. C'est que l'on a envie de revivre cette magie. Et, une fois que l'on a fait connaissance avec ces rouages délicats, de profiter à nouveau, encore mieux, et de l'admirer à sa juste valeur.

Notre avis

Maria Kalash le 29 décembre 2017

| Modifié le le 25 mai 2021

Limpide, pur et beau, vous ne saviez pas que vous aviez besoin de Gorogoa dans votre vie. Et pourtant, il la rendra plus belle pendant deux trop courtes heures.