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Jeu: INMOST
Genre: plateforme, puzzle
Developpeur: Hidden Layer Games (Lituanie)
Editeur: Chucklefish
Plateforme test: PC Windows
Config: PC de joueur
Telechargement: 2 Go
Prix: 13 €
Drm: Steam
Plateformes dispo: PC Windows, Mac, Switch
Date de sortie: 21 /08/2020
Langues: voix en anglais, textes en français
INMOST, c’est un peu trois jeux en un – l’expérience est très différente selon le personnage que l’on incarne. Dès le début, les développeurs nous informent qu’il n’est pas à mettre entre toutes les mains, et c’est un avertissement nécessaire : les thèmes abordés sont difficiles. Vraiment difficiles. Il y est entre autres question du désespoir que l’on peut ressentir à la mort d’un proche, de parentalité et de dépression, pour vous donner une idée de l'ambiance. Son esthétique pixel art et sa palette de couleurs ternes se révèlent aussi trompeuses : le jeu possède une architecture incroyablement détaillée, des monstres terrifiants et une mise en scène remarquable. Il s’agit à la fois d’un jeu de plateforme et de puzzle, où l'on évolue dans deux mondes différents – une sorte de château peuplé de créatures à la LIMBO et une maison familiale en apparence banale – et où les moments incroyablement mignons s’enchaînent sans préavis avec les scènes d’horreur.

Les chapitres d’INMOST nous font alterner trois personnages, dont chacun amène une dimension intéressante au jeu.

Les maîtres du haut château.

Le premier personnage que l’on incarne est la petite fille. Elle ne peut pas sauter, et doit toujours partir en quête d’une chaise ou d’un carton sur lesquels elle se hissera péniblement pour atteindre des interrupteurs ou une entrée secrète. Lors de ses phases de jeu, il faut surtout explorer, ouvrir des placards en quête d’un indice, tout en cherchant à comprendre ce qu'elle fait là. Elle s’entretient aussi souvent avec son doudou lapin, avec qui elle a des discussions hautement philosophiques. Le deuxième personnage est un homme barbu, qui se trouve dans un château complexe. Il ne peut pas se battre directement contre les étranges créatures qui se dressent sur son passage, et doit sans cesse trouver une manière d’exploiter son environnement pour en venir à bout. Il a tendance à se vautrer lamentablement quand on le fait sauter d’une plateforme trop haute, mais il peut escalader et trouver des objets qui lui permettront d'avancer et aider les quelques âmes qu'il croisera sur son chemin. Le dernier personnage est le chevalier, qui peut combattre les ennemis à l’aide de son épée, parfois de manière un peu répétitive. Il est cependant incapable de sauter, et contraint d'utiliser un grappin pour aller d’une plateforme à une autre.

Un peu de douleur dans ce monde de brutes.

Les chapitres d’INMOST nous font alterner ces différents personnages. Avec un tel parti pris, le jeu souffre parfois d’une petite baisse de rythme – on peut se retrouver à enchaîner des combats glorieux pour ensuite rester bloqué sur une énigme ou coincé dans une caverne pendant de longues minutes. Mais chaque personnage amène une dimension intéressante au jeu, et on a souvent hâte de le retrouver pour en savoir plus sur son histoire. Il y a aussi un petit quelque chose qui marche très bien dans INMOST, même si j’ai du mal à mettre le doigt précisément dessus. Est-ce que c’est la musique, qui complète parfaitement l’ambiance horrifique générale ? Est-ce que ce sont ces petits segments de narration disséminés au bon moment, qui nous font comprendre petit à petit où le jeu nous emmène ? Est-ce que c'est la voix de la narratrice et les nombreux moments de poésie qu'elle a à offrir ? Est-ce que ce sont ces petites animations touchantes, quand on voit son personnage trébucher ou faire voler une rangée de livres sur son passage ? Est-ce que ce sont ses créatures, qui parviennent à nous terrifier avec trois fois rien ? Est-ce que c'est son dénouement, qui relègue le joueur au rang de spectateur et s'embarrasse un peu trop d'explications, mais offre une conclusion d'une puissance émotionnelle que j'ai rarement ressentie auparavant ? Est-ce que c'est sa palette de couleurs, qui change selon les différents personnages et ce qu'ils traversent ? Au final, je crois que c’est un peu tout ça.

Notre avis

Ellen Replay le 21 septembre 2020

| Modifié le le 25 mai 2021

Ne vous fiez pas aux allures simplettes d’INMOST, qui cachent un jeu très solide, aussi bien sur sa narration que son gameplay et son sens du détail. Il souffre de quelques petits défauts, et vous contraindra parfois à mourir en boucle ou à cliquer sur tous les endroits possibles pour venir à bout d’une énigme – mais son ambiance à elle seule en vaut la peine.