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Jeu: Irony Curtain : From Matryoshka with love
Genre: point and click
Developpeur: Artifex Mundi (Pologne)
Editeur: Artifex Mundi
Plateformes dispo: PC Windows
Plateforme test: PC Windows
Langues: anglais
Prix: environ 20 €
Date de sortie: 16052019
Telechargement: 2 Go
Config: n'importe quel PC
Drm: Steam
Evan, le jeune héros de ce point and click hérité de l'âge d'or de LucasArts, est comme le camarade Izualovitch : sa foi dans la vertu du glorieux modèle communiste est inébranlable, même quand tout s'écroule autour de lui. À peine débarqué d'Occident, où il vivait une paisible existence de journaliste, il se rêve espion, agent secret au service de Matryoshka, riant pays à l'est du mur, afin de prouver au monde entier que le système soviétique est le seul à même d'apporter le bonheur et la paix entre les peuples. Peu importe qu'ici, à Matryoshka, l'inflation soit si galopante que les prix doublent en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, que des micros et des caméras soient planqués dans chaque recoin de chaque pièce de chaque maison, ou qu'un soldat suive vos moindres pas. Evan n'en démord pas : les décisions du Grand Leader, le seul homme du pays à manger de la viande, sont forcément justes et bonnes, et ceux qui disent le contraire sont des traîtres. Pas étonnant qu'une telle candeur attire à lui tout ce que Matryoshka compte de conspirateurs et qu'il se retrouve, malgré lui, au centre d’événements qui devraient mener à la chute du mur.

Vendre la peau de l'USSR.

Construit comme une grande lettre d'amour aux jeux de l'âge d'or de LucasArts, Irony Curtain : From Matryoshka with love en décline tous les poncifs. On retrouve le même humour absurde, la même écriture ciselée et les mêmes énigmes un peu tordues, avec pour seule différence les graphismes, ici en 2D finement dessinée plutôt qu'en gros pixels, ce qui n'est pas forcément mieux qu'à l'époque (enfin, c’est une question de goût, quoi). Si les qualités des productions LucasArts sont bien là, on retrouve aussi certains défauts des jeux de l'époque, à savoir des consignes pour résoudre les énigmes qui ne sont pas toujours très claires et bloquent parfois l'aventure simplement parce que l'élément du décor sur lequel il fallait appuyer n'est pas bien indiqué. Pour pallier cela, les Polonais d'Artifex Mundi ont bien essayé de copier le dernier jeu de Ron Gilbert, Thimbleweed Park, avec un système de téléphone intégré dans le jeu pour demander des indices mais, même avec cette aide, il n'est pas rare de rester bloqué assez longtemps, ce qui gâche un peu une histoire par ailleurs très drôle. Le jeu finit par ressembler au communiste : une belle idée sur le papier, un peu plombée par son incapacité à se renouveler, n’en déplaise au camarade Izualovitch et sa candeur toute juvénile.

Notre avis

Noël Malware le 31 mai 2019

| Modifié le le 25 mai 2021

Irony Curtain : From Matryoshka with love marche dans les pas des jeux de la grande époque de LucasArts sans tenter le moindre décalage. Il hérite donc des mêmes qualités, du même humour et d'une écriture aussi précise, et des mêmes défauts : des moments de blocage assez frustrants qui ralentissent inutilement une histoire très réussie.