Développeur / éditeur : Capcom (Japon)
Plateformes dispo : Windows, PS5, Xbox Series, Switch 2
Date de sortie : 04/09/2026
Langues : japonais, anglais, français
Prix : 80 €
Autant je déteste aller à Kyoto, pourtant à côté de chez moi, autant je ne compte plus mes longues parties sur les jeux d’action se déroulant dans l’ancienne capitale impériale. Parcourir temples et sanctuaires, mais sans la horde de visiteurs étrangers en kimono de mauvais goût. Et puis pourfendre les monstres qui les remplacent en ces lieux : peut-être est-ce donc la métaphore du surtourisme à décimer qui me parle ? Quoi qu’il en soit, Onimusha fait plus que ça : il décime ses concurrents.
Blagarreur
Cet Onimusha combine une mise en scène excellente, des dialogues japonais très réussis, et les mânes de Toshirō Mifune. La retranscription de la gestuelle typique, des expressions faciales et de la diction de l’immense acteur de Kurosawa est bluffante ; elle change presque tout à la densité du récit. Le prologue du jeu, aussi tutoriel, rend hommage aux grands films de samouraïs de l’après-guerre, au point qu’on se demande si le jeu n’aurait pas été tout aussi brillant sans démons, ni gantelet. Car l’histoire s’écrit en quelques lignes : le rōnin Miyamoto Musashi est ressuscité par un mystérieux homme vêtu de blanc, qui lui file un gantelet magique, avant de le laisser pourfendre des hordes de démons alors que l’enfer menace de s’abattre sur terre. Des glyphes à déchiffrer recèlent l’envers horrifique du décor, et les relents de miasme rouge gangrènent un monde inhospitalier.Sachez une chose, rien qu’une seule : Onimusha propose l’un des meilleurs systèmes de combat de l’histoire du jeu d’action.
Issen Saint-Denis
Avant de passer au détail, sachez une chose, rien qu’une seule : Onimusha propose l’un des meilleurs systèmes de combat de l’histoire du jeu d’action. Froidement. Ce système se divise en sous-systèmes adaptatifs qui poussent à la prise de risque maximale, et dont certains sont liées aux âmes à récolter, les bleues (armes oni) et les violettes (éveil). En clair, toute attaque ennemie peut être exploitée à son avantage, même les plus dangereuses, et les fenêtres d’opportunité ne sont pas les mêmes en fonction du mouvement : banale esquive, esquive parfaite avant issen (contre-attaque mortelle), déviation, garde contre garde, projection et contre projection, parade des attaques inévitables, etc.Onimusha place à merveille le curseur en nous poussant à tout utiliser et tout maîtriser, il n’y a pas de gras et d’inutile. Cette variation, presque naturelle, permet de retourner la table du trashmob, puisque l’approche des monstres, même faibles, évolue d’heure en heure. Prenons l’exemple des genma archer, l’une des premières créatures du jeu : d’abord, on évite les flèches en courant vers lui pour le vaincre rapidement, puis on va utiliser l’arc oni à distance, ou se servir d’un objet ou d’un pouvoir pour faire chuter la structure où il se trouve, puis on va tenter de dévier les tirs, puis, avec de l’audace, on va leur renvoyer, avant d’obtenir un mouvement spécifique qui nous permet de nous téléporter vers l’archer pour le tuer en un coup.
Oni soit qui mal y pense
Le résultat ? Le jeu n’ennuie jamais le joueur car il lui montre sa progression technique et le récompense pour ça. C’est une prouesse pour ce genre, prouesse qui se transforme en plaisir par la sensation. Comme pour une simulation de voiture ou de foot, le poids est un élément crucial des Souls-like et autres jeux d’action. Onimusha surpasse toutes les attentes en ce domaine : votre lame a un poids et les ennemis ont une densité. Vous sentez les coups porter et les corps adverses encaisser. L’autre réussite d’Onimusha est de combiner à la perfection le duel et la gestion de la foule adverse. Ce n’est plus tant une foule neutre qu’un assemblage d’individualités dont les mouvements se répondent et que nous devons aborder à l’avenant.Onimusha ne laisse pas sur le bas-côté celles et ceux qui veulent s’accrocher, et leur tend la main de l’apprentissage, même s'il est ardu.
Ascension les yeux
Rien de très nouveau de prime abord. Pourtant, le mode histoire arrive à simplifier l’expérience sans complètement la dénaturer : lors des combats, vous voyez les touches à appuyer pour contrer, parer, contre-attaquer, etc. Autrement dit, ce mode n’a pas tant pour intérêt de vous changer le jeu en un film au rabais que de vous permettre d’accéder au mode action, qui lui est d’une maîtrise exceptionnelle en termes de difficulté ; rarement ai-je vu ce mariage de l’équilibre et de l’exigence ; Onimusha ne laisse pas sur le bas-côté celles et ceux qui veulent s’accrocher, et leur tend la main de l’apprentissage, même s'il est ardu. Pas de fausse promesse.Tout au long du chemin, les semi-boss et les boss se révèlent plus réussis les uns que les autres, et exigent de renouveler votre approche et vos techniques au regard de vos apprentissages les plus récents ; aussi n’espérez pas les cheeser comme un crevard, ça ne passera pas. Je retiens en particulier la cruelle Dokyo qui bouleverse vos habitudes en poussant au contre à distance, et le Dohatsu-ten, combattant ultra complet et agressif, apparaissant parfois lorsque vous essayez de fermer une fissure. Enfin, ce qu’il y a de plus formidable est que l’entièreté de votre progression est façonnée de manière à aborder le dernier combat, la variété et les nuances du gameplay doivent être parfaitement maîtrisées pour espérer vaincre un adversaire cauchemardesque mais juste.