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Genre : espionnage, coop'
Développeur : Mattieu Bégin (Canada)
Éditeur : Clever Plays
Plateformes dispo : Windows, PS4/5, Xbox One/Series
Plateforme test : Windows
Téléchargement : 3 Go
Date de sortie : 01/06/2021
Langue : VF intégrale
Prix : 17 €
Notre première mission est de s’introduire dans le penthouse de Willem Van de Berg, un homme d’affaires néerlandais qui cache une arme biologique dans l’un de ses coffres-forts. Malware fait face à des écrans de surveillance qui le tiennent informé de ma position, et dispose d’un accès au système informatique, à la maintenance et aux coffres. Après plusieurs balbutiements (« Va dans le couloir de droite, MAINTENANT, non l’autre droite ! »), nous avons avancé en parfaite symbiose jusqu’à la salle des coffres, et nous nous sommes synchronisés pour trouver le mot de passe de la chambre forte. Côté agent, le jeu se joue à la première personne, avec la possibilité de courir et d’interagir avec l’environnement. Côté hacker, il faut naviguer à travers plusieurs écrans, avec quelques passages à la première personne dans le « dark net » (le jeu comporte sans doute autant de clichés flingués sur les hackers que le film Opération Espadon, pour vous donner une idée). Il y a aussi plusieurs moyens d’interagir avec l’autre joueur, qui sont plutôt sympathiques à défaut de servir à quoi que ce soit : Malware avait par exemple la possibilité d’afficher des messages personnalisés dans l’ascenseur du penthouse et de l’agrémenter de décorations en réalité augmentée, tandis que je pouvais lui envoyer des bisous virtuels ou un pouce levé en me mettant face à une caméra.

L’espion qui venait du chaud.

En termes de gameplay, il faut surtout communiquer en permanence avec l’autre joueur et partager les informations dont chacun dispose pour avancer, tout en essayant de ne pas trop avoir envie de s’étriper à distance ou de juger l’incompétence de l’autre à voix haute. Nous avons d’ailleurs vécu de formidables moments de grâce : en esquivant les lasers et les drones de surveillance, j’avais l’impression d’être devenue Jack Bauer dans 24 heures chrono, tandis que Malware faisait une excellente Chloe. Quand il a fallu identifier un individu suspect dans le métro et empêcher le véhicule de se crasher, nous étions devenus Keanu Reeves et Sandra Bullock dans Speed. Bref, la promesse d’être propulsés dans un film d’action hollywoodien était parfaitement tenue, malgré une direction artistique et des énigmes assez simplistes. Le jeu propose des missions un peu partout dans le monde, du Canada à Singapour en passant par l’Argentine, et comporte tout ce qu’on peut attendre d’un jeu d’espionnage aussi rigolo que caricatural : des interfaces faussement complexes, des bombes pleines de fils à désamorcer et des écrans d’ordinateur sur lesquels s’empilent des lignes de code qui n’ont ni queue ni tête.

Il y a eu des moments de doute, quand nous nous sommes retrouvés coincés face à un mini-jeu tout simple, chacun intimement persuadé que son coéquipier était un demeuré profond.

Agents très spéciaux.

Et puis il y a eu les premiers moments de doute, quand nous nous sommes retrouvés coincés face à un mini-jeu tout simple, chacun intimement persuadé que son coéquipier était un demeuré profond. Malheureusement, c’était rarement la faute de Malware, ni la mienne (sauf peut-être le moment où il m’a fallu beaucoup trop de temps pour résoudre un code à quatre chiffres exclusivement composé de 0 et de 1). Malgré un concept vraiment sympathique, Operation: Tango comporte pas mal de soucis (bugs d’affichage, problèmes de latence, cinématiques qui disparaissent pour l’autre joueur), qui peuvent parfois entraver une mission – et c’est assez dommage, sachant qu’il n’y en a que six et qu’elles peuvent être bouclées en quatre heures. Il y a parfois des moments où l'on ne comprend pas trop comment avancer, et où l'on réussit à force de cliquer un peu partout, en profitant d’un système de sauvegarde automatique généreux. Le jeu peut être fait deux fois, vu que les rôles sont très différents, et seul un joueur aura besoin de l’acheter (sachant qu'il supporte aussi le multiplateforme). Mais il perd très vite de son intérêt une fois terminé, et nécessite quand même un élément assez rare pour être apprécié à sa juste valeur, avec de vrais moments d’entraide et d’hilarité : un merveilleux coéquipier enclin à la panique, qui ne sait toujours pas différencier sa gauche de sa droite.

Notre avis

Ellen Replay le 9 juin 2021

| Modifié le le 12 janvier 2022

Operation: Tango est un chouette petit jeu d’espionnage qui vous amusera quelques heures, quand il ne vous fera pas constamment douter de vos capacités intellectuelles avec ses bugs et ses moments frustrants. Dommage qu’il soit aussi court, et qu’il n’y ait pas trop d’intérêt à le lancer une nouvelle fois.