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Jeu: Rise of Industry
Genre: gestion capitaliste
Developpeur: Dapper Penguin Studios (Espagne)
Editeur: Kasedo Games
Plateformes dispo: PC Windows, Mac, Linux
Plateforme test: PC Windows
Langues: anglais, français
Config: PC de joueur
Telechargement: 500 Mo
Prix: 30 €
Drm: Steam
Date de sortie: 02/05/2019
Il fait bon vivre, dans le monde de Rise of Industry. Non seulement il s'agit d'une gigantesque campagne verdoyante, parsemée seulement de villages prospères et de hameaux paisibles, mais en plus elle est tout en polygones mignons, en arbres rondelets et en eaux turquoises. Surtout, d'aimables capitaines d'industrie se chargent d'y fournir emploi, lien social et épaisses fumées noires qui fleurent bon le profit. Car dans Rise of Industry, tout est à prendre : les forêts d'arbres centenaires pour fournir du bois de chauffe, les rivières poissonneuses pour alimenter les étals, les prairies d'herbe rase pour y construire des autoroutes. Comme dans OpenTTD, Mashinky et consorts, l'objectif est d'exploiter toutes les ressources naturelles, de les transformer dans des usines flambant neuves et d'établir une chaîne de production complexe pour alimenter les commerces des villages – en récoltant au passage de précieux mégadollars.

Une stratégie solide, ultra efficace, maintes fois éprouvée sur moult jeux de gestion. Bilan : zéro profits.

Olive et chôme.

En vieux briscard du genre, je savais déjà quoi faire avant même d'avoir lancé le jeu : traverser la rue, multiplier les constructions d'usines, prendre d'assaut le territoire de mes concurrents et bâtir un empire commercial le plus vite possible. Je suis donc parti à la conquête des marchés les plus proches, je me suis spécialisé dans l'huile d'olive et les meubles en bois, j'ai investi des sommes énormes dans un empire ferroviaire et j'ai aligné d'immenses entrepôts. Une stratégie solide, ultra efficace, maintes fois éprouvée sur moult jeux de gestion. Bilan : zéro profits. Je me rétamais sur toute la ligne. Après m'être arraché les cheveux sur six parties aussi rapides que désastreuses, j'ai enfin compris que mon approche manquait d'une certaine subtilité. Des guides sur YouTube et des expériences prudentes m'apprirent qu'il fallait au contraire ne placer que quelques fermes et gérer le transport de leurs produits à la main. Viser des profits ridicules, mais stables. Cliquer sur le bouton d'avance rapide et attendre que plusieurs années passent… puis construire d'autres usines pour récupérer des sommes elles aussi médiocres. C'était lent, c'était pathétique, mais au moins j'étais dans le vert. Une petite victoire, qui ne m'avait coûté que l'ensemble de ma liberté. Oui, car avec ce nouveau style de jeu, comme tous les joueurs de Rise of Industry, j'étais devenu l'esclave d'une maîtresse impitoyable : la loi de l'offre et de la demande.

Du lard ou du coton.

Pour vendre un objet dans Rise of Industry, il faut d'abord l'envoyer dans un village qui en a besoin. Mais attention, il ne s'agit pas de piocher n'importe quel produit dans la liste : pour dégager un profit, il est préférable de sélectionner les objets qui se vendront le plus, en esquivant les plus compliqués. Par exemple, lorsqu'une commune est prête à payer un prix exorbitant pour du coton ou des œufs, la bonne tactique est toujours de choisir le coton. Celui-ci ne demande qu'une simple plantation alimentée par de l'eau (extraite grâce à une usine non loin), alors que l’œuf demande un élevage de poules, qu'on alimente en eau mais aussi en blé, lequel demande lui-même une plantation à part. Résultat, des coûts de fonctionnement plus élevés, des camions sur la route supplémentaires, bref, un intérêt très réduit pour le joueur qui cherche à optimiser l'efficacité de sa chaîne logistique au maximum.

Beaucoup de bruit pour trains.

Contrairement aux apparences, Rise of Industry est donc très linéaire et dirigiste. Obligé de se conformer aux demandes des villages et à un équilibrage financier qui ne pardonne aucune fantaisie, le joueur crée toujours une chaîne de production finalement assez simpliste : quoi qu'il arrive, il s'agira de prélever une matière première (par exemple du bois), de la transformer (en planches), pourquoi pas de la transformer une seconde fois (en tables) puis de l'acheminer jusqu'au village d'à côté. Quelques heures suffisent à faire le tour de cet enchaînement peu inspirant. Heureusement, il y a les joies de l'optimisation. C'est là que se situe la marge de manœuvre du joueur, qui va décider d'utiliser ou non des trains, des bateaux, des entrepôts (qui gèrent la logistique automatiquement, mais qui envoient trop de camions sur les routes), des voies à sens unique, des grandes zones industrielles ou une myriade de petites, et ainsi de suite. En l'absence de concurrence ou de réels objectifs (arriver à confectionner les produits les plus épineux met fin à la partie, mais ce n'est pas très satisfaisant), l'optimisation est la seule activité gratifiante qui permette au joueur de s'épanouir. On s'y attelle gaiement : réduire les embouteillages en modifiant le tracé des routes, changer la distribution d'eau et creuser des tunnels occupe quelques heures agréables. Et une fois l'optimisation maximale, me demanderez-vous ? Eh bien, ce palier atteint, il n'y a plus qu'à recommencer ou à changer de jeu. Du coup, on change de jeu.

AI émincées.

C'est officiel : à moins que des moddeurs acharnés y passent leur vie, Rise of Industry ne sera jamais pourvu de multijoueur. Pour pallier cette lacune, Dappen Penguin a cependant créé des concurrents gérés par l'ordinateur. Ils démarrent en même temps que le joueur et tentent de faire prospérer leur propre entreprise. Problème : aucune interaction n'est possible avec ces robots, qu'on peut ignorer 95 % du temps. En pratique, leur présence empêche juste le joueur de s'étendre, car une seule entreprise au maximum a le droit de construire dans chaque région de la carte (qui en compte par défaut 6). De quoi laisser un peu dubitatif, d'autant qu'une concurrence féroce aurait rajouté de la vie et de l'imprévu à un jeu qui en manque cruellement.

Notre avis

Izual le 6 mai 2019

| Modifié le le 25 mai 2021

Dans Rise of Industry, poser les usines qui transformeront une matière première en produit fini ne prend pas très longtemps. Huiler toute cette chaîne de production jusqu'à ce qu'elle tourne sans aucun accroc procure toutefois une satisfaction béate, surtout au beau milieu de décors particulièrement mignons. Hélas, en l'absence de vrais défis à relever ou de réelle profondeur dans les mécaniques, cette satisfaction ne dure pas plus de quelques heures, moment où même les fanatiques de l'optimisation décident de partir vers d'autres jeux plus complexes.