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Jeu: Twin Mirror
Genre: jeu narratif
Developpeur: Dontnod Entertainment (France)
Editeur: Dontnod Entertainment
Plateforme test: PC Windows
Config: PC de joueur
Telechargement: 4 Go
Prix: 30 €
Drm: Epic Games Store
Plateformes dispo: PC Windows, PS4, Xbox One
Date de sortie: 01/12/2020
Langues: voix en anglais, textes en français
Je n’ai rien contre les polars des petites librairies de campagne – ceux qui ont toujours des titres excessivement spécifiques, comme « Morts à gogo à Plouguerneau », « Boucaille sur Douarnenez », « Effet papillon sur le Brest-Lyon » ou « Sauvage farandole à Paimpol », et qui ont plus ou moins tous la même couverture. C’est rarement révolutionnaire dans l’écriture, mais ça se lit tout seul, et c’est souvent agréable et divertissant. Plus étonnant, en revanche, de voir ce type de production taclé par Dontnod, qui présente le jeu comme un « thriller psychologique captivant » – ce qui est factuellement exact. Au cours de ces dernières années, le studio nous a plutôt habitués à des jeux narratifs à choix, qui font cohabiter les questionnements du début de l’âge adulte avec des éléments surnaturels et des thématiques rarement exploitées dans les jeux vidéo. Avec Twin Mirror, ils délaissent une grande partie de ces préoccupations au profit d’une enquête menée par Sam, le personnage principal, convaincu que son meilleur ami qui conduit comme une grand-mère n’a pas pu mourir d’un bête accident de voiture.

Il faut régulièrement explorer, choisir de laisser ou non un personnage s’épancher sur ses problèmes intestinaux, avec quelques moments plus importants qui influenceront la fin de l’histoire.

Du rififi en Virginie.

Sam est un journaliste méthodique et rigoureux, qui place les faits et la quête de vérité au-dessus de tout – ses proches compris. Toutes les interfaces du jeu correspondent à sa personnalité : chaque objet et chaque personnage est méticuleusement étiqueté et classé avec une petite description, son journal rassemble tous les faits importants sur chaque élément de l’intrigue, ce qui épargne au joueur d’avoir à se tartiner des dialogues d’exposition interminables. Lorsque Sam doit se souvenir d’un événement important, il s’évade dans son palais de l’esprit – une méthode mnémotechnique héritée de la Grèce antique qui associe des souvenirs précis à des lieux, déjà popularisée dans les séries Hannibal et Sherlock Holmes. Faute d’être original, ce concept prend tout son sens dans Twin Mirror : il permet de mieux comprendre la psychologie et le fonctionnement du personnage, sans trop surcharger le joueur, et de prendre un peu de recul sur l’intrigue. En plus de ça, Sam s’entretient régulièrement avec son alter-ego, une sorte de version de lui-même moins froide et rationnelle, qu’il est le seul à voir.

Mise en bière à Basswood.

Comme dans tous les jeux du studio, les environnements sont très beaux et les choix pseudo-importants nombreux. Le gameplay reste limité : il faut régulièrement explorer, choisir des options de dialogue, laisser ou non un autre personnage s’épancher sur ses sentiments et ses problèmes intestinaux, avec quelques moments plus importants qui influenceront la fin de l’histoire. Mais à cela s’ajoute une mécanique un brin plus intéressante : Sam peut régulièrement reconstituer des événements à partir d’objets de son environnement, et formuler des hypothèses à partir de ce qu’il a vu. La quête principale est aussi ponctuée de moments où le personnage est aux prises avec son propre esprit, qui constituent sans doute les moments les plus visuellement impactants du jeu – mais qui laissent souvent le joueur livré à lui-même, sans trop d’indices pour avancer et sans réelle logique. Au final, le jeu remplit parfaitement sa fonction divertissante, mais laisse un sentiment d’inachevé : les personnages sont plutôt chouettes mais pas assez creusés, l’intrigue sympathique mais pas très originale, et les meilleures idées pas toujours très bien exploitées. Sa ville et ses habitants en constituent l’un des points forts – même si, là encore, on aurait aimé les voir plus approfondis.

Notre avis

Ellen Replay le 15 décembre 2020

| Modifié le le 5 mai 2021

Twin Mirror est sympathique et divertissant, comme un petit polar du dimanche, et marque une volonté de Dontnod de s’éloigner de ses anciennes productions. C’est un début plutôt encourageant, mais qui ne vous laissera sans doute pas de souvenir impérissable, à moins que vous ne soyez particulièrement fan du studio.