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Genre : simulation de sous-marin
Développeur : Deep Water Studio (Pologne)
Éditeur : PlayWay
Plateforme dispo : Windows
Téléchargement : 70 Go
Date de sortie : 02/08/2024
Langues : français, anglais
Prix : 29 €
Il faut préciser qu'il n'est plus trop difficile de s'arroger ce titre. Après les funérailles de la grande franchise des Silent Hunter (cinq épisodes plus ou moins merveilleux entre 1996 et 2010), plus personne n'a osé s'aventurer sur cette niche. Les développeurs polonais d'UBOAT avaient donc un boulevard, qu'ils ont parfaitement exploité. Et on sent que ça leur tenait à cœur. On voit bien qu'ils sont de gros passionnés du genre, qu'ils ont zigzagué des centaines d'heures dans l'Atlantique Nord sur ces vieux Silent Hunter dont ils se sont fortement inspirés.

Alors voilà, c'est reparti pour une nouvelle carrière dans la Kriegsmarine, avec une campagne au déroulé habituel. Le joueur endosse le rôle d'un commandant de sous-marin allemand qui va enchaîner de longues patrouilles en mer, à la recherche de convois anglo-saxons à couler. Le jeu retrace très fidèlement le scénar' de la Seconde Guerre mondiale, avec deux grandes périodes : les « temps heureux » des premières années, où les wolfpacks allemands coulaient des dizaines de milliers de tonnes de fret par mois au grand dam de Churchill, puis la guerre navale sérieuse, lorsque les sous-mariniers allemands, malgré les progrès technologiques réalisés sur leurs engins, ont commencé à se faire défoncer par les Alliés.

Hitman sous les vagues

Tous ceux qui ont déjà joué aux Silent Hunter seront en terre connue, puisqu'on y retrouve exactement le même rythme, avec ce crescendo typique des jeux de sous-marin 39-45. D'abord, vous passez des heures en vue cartographique, à la recherche de proies au milieu de l'océan, alternant la carte de navigation, les sorties sur le pont pour scanner l'horizon à la jumelle et les plongées pour écouter l'hydrophone. Tout à coup, le suspense monte d'un cran lorsque vous trouvez un beau convoi bien juteux. Là, UBOAT devient presque un jeu d'infiltration.

Le spectacle jouissif d'un navire marchand de 15 000 tonnes dévoré par les flammes.

Glissant sous les vagues, il faut patiemment espionner les cibles au périscope pour déterminer leur cap, leur vitesse, et naviguer de manière optimale afin de se positionner pour l'attaque. Puis, c'est l'apothéose, le climax, le feu d'artifice : le réglage stressant d'une solution de tir, le départ excitant d'une salve de torpilles, et enfin le spectacle jouissif d'un navire marchand de 15 000 tonnes dévoré par les flammes, sombrant dans les abysses. Quel plaisir, après cela, de s'échapper en fufu des lieux du crime, tandis que les destroyers d'escorte tentent de vous repérer en activant leur sonar. « Das is wunderbar », me dis-je à chaque fois que j'ajoute un gros bateau à mon tableau de chasse.
La position parfaite pour suivre une cible sans se faire repérer : assez près pour voir le haut de ses mâts, mais assez éloigné pour que les hommes du pont ne puissent voir le périscope.

En famille

Évidemment, parce que tout est soigné, que la réalisation est impeccable, que les développeurs ont travaillé chaque ingrédient avec amour, ce gameplay sous-marin fonctionne à merveille. Cela dit, au bout de quelques dizaines de patrouilles, cela peut devenir un peu répétitif. Et c'est là que UBOAT montre sa modernité, en proposant des activités nautiques bien plus variées que sur les Silent Hunter. On se retrouve à intercepter des navires de VIP, à chercher un UBOAT perdu en mer, à cataloguer les défenses aériennes d'une ville côtière, à poser des mines, à infiltrer des ports militaires pour couler des croiseurs au mouillage... Même si la chasse au convoi reste le cœur de métier, toutes ces missions rendent la campagne beaucoup moins monotone.

UBOAT propose des activités nautiques bien plus variées que sur les Silent Hunter.

Et il y a même un aspect humain, ce qui est trop rare dans les simu' militaires. Il faut gérer la fatigue des matelots, leur filer du café, leur ordonner de sortir un jeu de cartes ou de taper dans la réserve de fromage pour améliorer le moral de l'équipage. Alors on s'attache à ces officiers qui nous suivent tout au long de l'aventure. C'est sympa, ça donne vraiment l'impression de naviguer « en famille », et pas avec des PNJ désincarnés.
L'océan est très correctement rendu, avec un bel algorithme pour faire les vagues et des reflets magnifiques. Le tout s'affiche avec une fluidité impeccable.
Vous pouvez bien sûr utiliser le sonar passif en manuel. Avec un peu de pratique, vous distinguerez même à l'oreille les bâtiments militaires des navires civils.

De 7 à 77 ans.

Vu le succès commercial du jeu depuis sa version anticipée, je sais que tous les nostalgiques des Silent Hunter ont déjà UBOAT dans leur librairie Steam. Alors je souhaiterais, pour terminer, m'adresser aux hésitants, aux timides, aux peureux. Est-ce le bon jeu pour s'initier aux délices du torpillage ? La réponse est un « oui » franc et massif. Une des grandes réussites des développeurs est d'avoir rendu le jeu accessible à tous, avec un réglage très précis de la difficulté. Vous pouvez ainsi commencer avec un niveau de réalisme à 50 ou 60 % afin d'absorber doucement les concepts de base de la guerre sous-marine. Votre équipage se chargera de repérer les navires, de les porter sur la carte et de calculer les solutions de tir. Vous n'aurez qu'à pointer le périscope dans la bonne direction, c'est presque du Quake dans l'Atlantique Nord.

Une des grandes réussites des développeurs est d'avoir rendu le jeu accessible à tous.

Puis, progressivement, vous pourrez retirer ces béquilles. Il faudra alors commencer à étudier la grande affaire du TDC (l'appareil qui permet de déterminer le trajet des torpilles afin qu'elles touchent au but à plusieurs kilomètres de distance), réviser votre géométrie sur la carte de navigation, micro-manager l'équipage. Je vous préviens, vous ragerez un peu sur l'interface. Ce n'est pas un modèle d'élégance. Il faut jongler avec des tas de raccourcis clavier, et il est facile de rater des boutons importants. Mais croyez-moi sur parole : le jour où vous coulerez votre premier pétrolier anglais après une traque de douze heures et un calcul manuel de la solution de tir, votre vie de joueur ou de joueuse ne sera plus jamais la même. Vous aurez l'impression de faire partie d'une élite, d'une caste supérieure, d'une aristocratie du jeu vidéo planant à des kilomètres au-dessus de la populace des casual gamers. Et vous aurez tout à fait raison.

Pimp my sous-marin

N'hésitez pas à installer rapidement quelques mods pour embellir UBOAT, tout se fait en un clic via le Steam Workshop (n'oubliez pas de les activer ensuite dans le launcher du jeu). Voici une petite liste de base que je conseille aussi bien aux débutants qu'aux sous-mariniers expérimentés :

UBOAT Expanded (UBE) est le mod vedette du jeu depuis quelques années. Il rajoute des tas de modèles de bateaux (qui manquent un peu de variété dans le jeu de base), des missions spéciales, des ports et des routes commerciales, en respectant la réalité historique. À l'heure où j'écris, son auteur est en train de convertir le mod pour qu'il soit compatible avec la version finale du jeu.

Sinking Physics Overhaul 2 modifie la façon dont coulent les navires. Vous les verrez partir comme des bouchons, à la verticale, c'est plus réaliste et spectaculaire.

Mode Accurate Periscope Sights - WIDE agrandit la vue périscope pour que vous profitiez au maximum de la beauté des vagues et des navires en flammes sur votre bel écran.

La collection de mods Stuka's Tools améliore les outils sur la carte de navigation, c'est très pratique pour faire vos petits calculs de trajectoire.

La route du Röhm

Attention, il y a un petit piège pour les débutants. Sur votre première campagne, ne choisissez pas celle qui se trouve tout en haut de la liste avec le sous-marin nommé U4. Cet engin est un Type IIA, un vieux modèle dépassé. Il est lent, a peu d'autonomie et n'emporte que cinq pauvres torpilles. Vous allez galérer comme un crevard pour manœuvrer autour des convois. Sélectionnez plutôt l'une des deux campagnes suivantes (U-47 et U-48), qui démarrent à la même date historique du 1ᵉʳ septembre 1939 et proposent le même genre de missions, mais avec des Type VIIB, bien plus performants, endurants et mieux armés.

Notre avis

ackboo le 19 août 2024

| Modifié le le 22 août 2024

Cette version finale de UBOAT consacre tous les efforts qui ont été faits par ses développeurs depuis quatre ans. Les bugs ont disparu, la réalisation est impeccable, le gameplay sous-marin est devenu encore plus addictif, vivant et varié que sur les Silent Hunter. Je mets toujours un petit bémol sur l'interface, qui me fait parfois encore rager après plusieurs centaines d'heures de jeu, mais que cela ne vous effraie pas : si vous avez le moindre intérêt pour les sports nautiques en milieu hostile, UBOAT vous rendra tout humide.