Développeur : Lost Pilgrim Studio (Hongrie)
Éditeur : Lost Pilgrim Studio
Plateformes dispo : Windows, macOS, Linux
Plateforme test : Windows
Téléchargement : 1,1 Go
Date de sortie : 05/10/2021
Langue : anglais
Prix : 29 €
En haut de la page Steam de Vagrus - The Riven Realms figure cet avertissement solennel : « ATTENTION, POUR COLLER À SON UNIVERS HORRIBLE ET CRUEL, CE JEU EST TRÈS DIFFICILE. » C’est à la fois clair et mystérieux, à la fois repoussant et attirant. J’adore. Et puis quelle transparence. Vous imaginez si on décidait de faire pareil pour tout ? « Attention, pour coller à cette époque zinzin, votre magazine est bourré d’idioties. »
Vagri-culture.
Une bonne moitié de mon temps passé sur Vagrus a été consacrée à lire (hélas en anglais, car le jeu n’est pas traduit). Dès qu’on arrive quelque part, on nous raconte comment cette haute tour lugubre domine un canyon infini, pourquoi cette colonie au cœur du désert est creusée dans le sol, comment ce bidonville troglodyte borde un volcan éventré. L’univers du jeu se construit comme ça, par petites touches, sans descriptions à rallonge mais sans omettre non plus les détails intéressants qui rendent le monde vivant, vraisemblable et assez captivant. On s’en rend surtout compte lorsqu’on est en ville : aller porter un message au gouverneur, explorer les ruelles au hasard, négocier une taxe, boire un verre à la taverne, visiter un temple sont autant d’occasions d’en apprendre plus sur le fonctionnement de la société. Pas juste pour le plaisir, mais aussi parce que glaner des petites anecdotes, tâter le terrain auprès des syndicats du crime et se construire une meilleure compréhension du monde fait parfois la différence entre la vie et la mort.
Là où on va, on a besoin de route.
Oui, parce que l’autre moitié de mon temps dans Vagrus, je l’ai passée à gérer ma caravane en suant comme un iench. Il faut nourrir et payer l’équipage chaque jour, gérer le moral, la loyauté et la vigueur de chacun, recruter des éclaireurs, éviter de trop se charger, échanger des nouvelles avec les autres chefs de caravane (les vagri), rester aux aguets des voyageurs qui voudraient payer pour qu’on les accompagne à la ville d’à-côté, comparer les prix de vente constatés il y a douze jours dans un hameau moisi pour voir si on fera du bénéfice à y revendre de la bière de champignon. En étant très, très prudent, il est possible de survivre sans trop de soucis, mais ça demande une vigilance de tous les instants, des choix éclairés et beaucoup de prévoyance. Car si un village sur la route n’a pas assez de provisions en stock, si les gardes trouvent la contrebande au fond des sacs d’algues, si on marche une journée dans une direction pas optimale, si on tarde trop à livrer l’obsidienne voulue par la maison Darius, on a vite fait de clamser au bord du chemin.La guerre, c’est pas bien
Plutôt qu’un marchand, il est possible de devenir un genre de mercenaire itinérant, mais ce n’est pas recommandé. Déjà parce que c’est très dur, et ensuite parce que les combats dits « de compagnons » (où l’on contrôle juste 3 ou 4 persos sur un damier au tour par tour) sont laborieux et sans joie. Par chance, il est possible de les éviter complètement et de ne se livrer qu’à de rares combats dits « d’équipage » où l’on bouge juste les icônes de nos employés sur une carte de champ de bataille – c’est un peu simpliste, mais pas dérangeant.