Noël Malware
le 20 juin 2022
Ici Samuel, votre gardien de phare [crrrrr]. Que vous écoutiez depuis la côte, la mer ou n'importe où [crrrrr] j'espère que vous passez une belle soirée. Par cette nuit noire, j'aimerais vous raconter une histoire [crrrrr] que j'ai entendue, il y a bien longtemps, dans un port. Elle commence avec mon père [crrrrr].
Il y a la mer et les histoires de la mer. Peut-être que l'eau, par son poids, sa densité, ses caprices, ses humeurs, est la matière dans laquelle sont fabriquées les grandes histoires. Les histoires de monstres qui se cachent sous 20 000 lieues. Les histoires de capitaine à la jambe de bois qui chassent des cachalots maléfiques. Les histoires de dragons qui gardent le bout du monde. Les histoires d'or et de pirates. Les histoires de navires qui voguent sans équipage. Les histoires d'aventuriers sur des îles désertes. Les histoires de vieillards qui pêchent pour la dernière fois. Les histoires de phares qui brillent au-dessus des étoiles. Les sombres héros de la mer, quand ils traversent les océans du vide, écrivent des récits éternels avec leur voile, en trempant leur coque dans une matière moins visqueuse et plus sombre que l'encre la plus noire. Aussi longtemps qu'il y aura la mer, il y aura des histoires de la mer. La voix de Samuel, qui accompagne, dans son émission radiophonique, les traversées de l'homme au ferry, raconte ces histoires de la mer. L'homme au ferry, lui, de phare en phare, vit dans une de ces histoires, et même dans plusieurs.