image
image
image
Genre : solitude
Développeur : Brainloaf Studio
URL : http://cpc.cx/ferryman
Il y a la mer et les histoires de la mer. Peut-être que l'eau, par son poids, sa densité, ses caprices, ses humeurs, est la matière dans laquelle sont fabriquées les grandes histoires. Les histoires de monstres qui se cachent sous 20 000 lieues. Les histoires de capitaine à la jambe de bois qui chassent des cachalots maléfiques. Les histoires de dragons qui gardent le bout du monde. Les histoires d'or et de pirates. Les histoires de navires qui voguent sans équipage. Les histoires d'aventuriers sur des îles désertes. Les histoires de vieillards qui pêchent pour la dernière fois. Les histoires de phares qui brillent au-dessus des étoiles. Les sombres héros de la mer, quand ils traversent les océans du vide, écrivent des récits éternels avec leur voile, en trempant leur coque dans une matière moins visqueuse et plus sombre que l'encre la plus noire. Aussi longtemps qu'il y aura la mer, il y aura des histoires de la mer. La voix de Samuel, qui accompagne, dans son émission radiophonique, les traversées de l'homme au ferry, raconte ces histoires de la mer. L'homme au ferry, lui, de phare en phare, vit dans une de ces histoires, et même dans plusieurs.

La folle journée du ferry bulleur.

Le métier de l'homme au ferry est le plus simple et le plus dangereux du monde. Il suffit, au fond, de mettre un peu de charbon dans le moteur à vapeur, de lever l'ancre et d’espérer atteindre le prochain phare, pour livrer les quelques provisions nécessaires au gardien. Mais l'annonce ne dit pas ce qui se cache dans la nuit, quand les côtes disparaissent : les créatures qui ont peur de la lumière et qui grignotent la coque. Les sirènes qui hantent le pont et font dévier la trajectoire. Les tentacules qui sortent des profondeurs pour se nourrir de la chaleur de la chaudière. Les tempêtes qui s'accumulent dans un ciel sans nuage et mettent le feu un peu partout. L'annonce ne dit pas non plus qui sont les gardiens, créatures plus étranges les unes que les autres, et qui gardent moins un phare qu'ils gardent une histoire, la leur, celle qui les a amenés là, au milieu du grand rien. The Ferryman n'est pas très long, ses histoires sont courtes, son ambiance est aussi poisseuse et visqueuse que celle des nouvelles du père Lovecraft, ses dessins sont jolis et ses voix sont incroyables pour un jeu de cette envergure. Et les histoires de la mer, pour toujours, seront les seules histoires qui resteront quand le monde ne sera plus qu'un vaste océan froid lancé dans une course sans fin à travers la galaxie.