L’aventure de GOG.com (anciennement appelé Good Old Games) nous envoie à Varsovie, en Pologne, où CD Projekt voit le jour au mois de mai 1994. À l’époque, bien loin de l’éditeur qui nous a donné la saga The Witcher et des accusations de harcèlement au travail, la petite boîte se concentre sur des projets de moindre envergure. Profitant de l’ouverture au marché international après la chute du bloc communiste, elle traduit des jeux à succès en polonais, comme Baldur’s Gate. C’est après l’annulation de la version PC de Baldur’s Gate: Dark Alliance que la startup décide de développer son propre titre, The Witcher. Seulement, The Witcher devait se retrouver sur Steam, comme tous les jeux dignes de ce nom à l’époque. Et ça posait un gros problème à CD Projekt : la présence de DRM, que le studio refusait. Lancer sa plateforme de distribution s’imposait alors, mais créer un nouveau site de vente pour un seul produit, c’était un peu léger. La solution est arrivée d’elle-même : il fallait proposer des jeux rétro des autres sur PC, et si possible sans DRM. Il a donc fallu démarcher des éditeurs pour obtenir leur autorisation de diffuser leurs titres sans aucune protection contre la copie. Interplay a été parmi les premiers à céder et a permis de retrouver les premiers Fallout (entre autres) au lancement du site en 2008, suivis plus tard par Baldur’s Gate : la boucle était bouclée.

Le convecteur temporel.

Malgré le scepticisme du marché face à une plateforme de vente sans DRM, l’acharnement du studio polonais a fini par payer, jusqu’à convaincre de nouveaux éditeurs d’entrer dans la danse. En 2009, Ubisoft y diffuse les séries Heroes of Might and Magic et The Settlers. Il est suivi notamment par LucasArts, qui y vend plusieurs jeux de la licence Star Wars, ainsi que certains de ses point & click les plus célèbres. Plus récemment, GOG s’est pris des airs de Steam en proposant son propre lanceur d’applications, GOG Galaxy. Celui-ci permet de regrouper ses jeux dans un seul programme et d’y retrouver pêle-mêle Fallout, Ultima, The Secret of Monkey Island ou encore Star Wars : TIE Fighter aux côtés de productions indépendantes plus récentes ou de blockbusters AAA fraîchement sortis. Depuis, le site a même diversifié ses choix et permet maintenant d’acheter des clés Steam sur sa plateforme, si jamais les DRM vous manquent. Dans tous les cas, si vous voulez jouer à la plupart des jeux traités dans ce magazine, c’est sûrement du côté de la plateforme polonaise qu’il faudra vous tourner.